J'ai mangé hier soir chez mon père. Et comme d'habitude en ces nobles occasions, la chère était bonne et j'te parle même pas du pinard (1). Mon père ne buvant plus de rouge, je me suis tapé la bouteille tout seul; et comme c'était Lundi, j'étais un peu plus que gris (2) lorsque je suis parti.
J'ai erré un peu dans les rues de Paris, histoire de profiter du frais et de l'odeur de riz (3) qui flotte sur les trottoirs quand il commence à faire froid. J'ai marché un peu donc, comme une grosse baleine ivre (4), faisant se taire les couinements de culpabilité de mon faible coeur parce que j'avais taxé une clope à mon père (5).
Au bout d'une petite heure j'en ai eu assez de me dandiner, et j'ai commencé a souhaiter retrouver mon lit. Et comme j'ai des goûts de luxe (6), j'ai pris un taxi.
Contrairement à l'idée reçue, comme quoi les taxis parisiens seraient d'impénitents et insupportables bavards tendance extrème droite, je tombe trés régulièrement sur des taxis, certes (un peu) bavard, mais plutôt sympathiques et intéressants. Sauf hier soir où c'était un taiseux. Comme c'était un taiseux, il écoutait la radio. Même que c'était Radio-France(7). Même que c'était une émission où un présentateur à la voix un peu comme celle de José Arthur(8) interviewait des acteurs et le metteur en scène d'une pièce avec un titre du genre "Comment faire lorsque votre fille vous annonce qu'elle a gagné à une émission de télé-réalité l'équivalent de deux ans de votre salaire?". au début je trouvais le titre marrant, le metteur en scène sympa et d'ailleurs j'étais ivre je trouvais tout le monde sympa. Aprés cinq minute je trouvais tout le monde consternant , pièce et présentateur radio compris (10). Du coup je me suis muré dans un silence haineux en foudroyant le chauffeur du regard chaque fois que je pouvais, le rendant responsable de cette émission pourrie qu'il me forçait à écouter dans son taxi dégueulasse, en prenant des chemins merdeux pour aller chez moi.
Et je lui ai même pas laissé de pourboire.
J'en profite pour ajouter que François Béranger est mort et que c'est un chanteur que j'aimais beaucoup.
(1) Un Bourgogne, mes préférés, et viens pas me secouer sur les Bordeaux. Je suis né à Bordeaux. J'aime beaucoup les Bordeaux. N'empèche : je préfère les Bourgognes.
(2) Ceci étant, je n'étais pas non plus fait comme un rat. Je crois que la dénomination exacte pour mon état se résume à : "Ivre".
(3) Odeur totalement subjective est il besoin de le préciser.
(4) Non pas que je sois spécialement gros, mais quand je suis ivre j'ai tendance à opter pour une sorte de dandinement pachydermique.
(5) Lequel a refusé de me la donner et je lui en suis maintenant reconnaissant, n'empèche que j'ai quand même demandé. J'ai donc virtuellement craqué.
(6) Même si j'ai un peu de mal à les assumer financièrement. Du moins régulèrement.
(7) Je ne suis plus tout à fait sûr maintenant...En tout cas c'était une radio "grandes ondes".
(8) Oui mais bon, sur les radios grandes ondes dans les émissions du soir ils ont presque tous la voix de José Arthur pour ce que j'en sais, sauf la voix off d'Arte qui est à la télé.
(9) C'est pas que dans les émissions à la télé, alors, que tout le monde est consternant et s'auto-congratule ?
(10) Faut dire que l'émission et la pièce se résumaient à un ramassis de clichés méprisants et vaguement simplistes. Le présentateur avait trouvé son leitmotiv et le réppetait constamment...et la pièce semblait affligeante et même pas drôle
Commentaires :
Re: Bon, ben, moi ,je pleure!
Re: Vazy toto c'est vite dit ...
Z'êtes terrible Muchachette, je croyais pas devoir un jour enguirlander ma manageuse mais je vais l'faire si ça continue hein ? Alors je le cris bien fort : je n'suis pas un héros ! Ou, en d'autres termes : vous n'avez pas a me piédestaliser, ni à vous sentir, à ma hauteur ou en dessous ( d'abord le propre d'un blog c'est d'être subjectif, égotiste, et personnel -quand même- non ?, donc on va pas faire un ordre qualitatif de nos égos ! ) Et puis votre blog à vous aussi il est trés chouette et souvent rigolo ( mais pas toujours des fois il est un peu triste aussi hum.), et surtout, surtout on n'a pas le même vécu ni la même façon de le mettre en scène. Mais néanmoins : merci pour vos compliments Manageuse de mon coeur.
Re: Re: Vazy toto c'est vite dit ...
On les prend pas nécessairement pour des héros.
Mais parfois on a envie de dire merci pour le plaisir procuré, mais vu les temps qui courent, on se préservative alors on dit vous êtes un héros.
Y avait plus de déca, j'ai pris du Bailey's...


Vazy toto c'est vite dit ...
Enfin rien d'aussi intelligent que vous ...
Non, je lis, je souris, je ris, je me dis ben oui, voire ben non, bref ... je suis pas à la hauteur de vos chevilles enflées...