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I'm looser baby so why don't you kill me...
--> (Hymne national des perdants magnifiques)(1)

Etre un looser, un perdant magnifique c'est tout un art. C'est un peu comme être mesquin ou aigri mais intelligemment, avec une sorte de recul qui fait que jamais on ne peut exactement t'en vouloir. C'est un peu comme râler à tout propos, mais presqu'au second degré, comme si ça te rendais sympathique. C'est un peu comme cultiver son côté sombre avec doigté. C'est un peu comme glisser dans une merde de chien et aller faire un lavement à la nitroglycérine au chihuahua de la rombière du 3ème pour se venger. C'est un peu comme laisser sa sono gueuler de la techno-trance hardcore (alors qu'on déteste profondément la techno-trance-hardcore) pendant une semaine dans son salon rien que pour exaspérer le voisin qui a un jour osé appeler les flics alors qu'on faisait une petite fête impromptue (2). C'est un peu comme se faire arrêter dans l'Angleterre du 18ème siècle parce qu'on est opiomane et perclu de dettes et y écrire, de mémoire, un ouvrage remarquable et qui fera référence (3). C'est un peu comme mourir dans un duel à 19 ans alors qu'on est un des plus grands génie en mathématiques du siécle mais aussi un esprit enflammé et peu capable de compromis (4). C'est un peu comme mépriser le parfait, cracher à la gueule du trop beau, du trop moral, du trop heureux, mais avec style, toujours.

Ce n'est pas vraiment être un dandy mélancolique et décadent. Désolé Gatsby, on se voit la semaine prochaine aux AA ?                           



(1) Il s'agit évidemment d'un extrait de Looser, de Beck. J'avoue ne pas être un grand fan de ce garçon mais Looser, ça c'est un morceau.
(2) L'histoire est authentique, c'est un vieil ami amoureux de Sibelius et de Haendel (étrange mélange auquel on ne rejoutera pas, pour ne pas le corser trop imprudemment, la techno-trance-hardcore) qui en est l'auteur. Il était évidemment en passe de déménager et passait ses journées ( de 10h du matin à 22h le soir aprés, clic, il éteignait) a faire gueuler sa chaîne. Le voisin a fini par se trainer aux pieds de mon pote en implorant son pardon, mais qu'il éteigne sa chaïne par pitié, a quoi mon pote à répondu qu'il n'avait pas entendu - end of the story.
(3) Je l'avoue, j'aime Thomas de Quincey.
(4) Je l'avoue, j'aime Evariste Galois

Ecrit par Taupe, le Vendredi 10 Octobre 2003, 16:26 dans la rubrique Genèse.