Il y a peu de temps j'ai voulu écrire un texte qui se serait appelé "Je n'ai plus confiance en la justice de mon pays" (2).
Et puis je ne l'ai pas fait parce que d'abord quelque part, je ne sais pas trop où mais certainement vers là où se situent mes sentiments antinationalistes, mes sentiments plutôt libertaires, le fait de dire "mon pays" me gêne un peu.
C'est stupide, je sais mais ça me gêne un peu.
Et le fait de dire "La justice de MON pays" me gêne encore plus.
Bon. N'empèche que (3).
Il ya dans libération, tous les lundis depuis plus de trois ans, une chronique de Dominique Simonot intitulée Carnets judiciaires.
Depuis plus de trois ans donc ( et même davantage) Dominique Simonot va traîner ses guêtres dans les tribunaux correctionnels ( le plus souvent à Nanterre me semble-t-il) et le résultat est édifiant. Matraquage quasi-systématique de peines disproportionnées pour les exclus de tout poil, peines de prison sans sursis pour des cas psychiatriques où un suivi médical serait bien plus approprié...La justice au quotidien n'est pas trés belle à voir.
Il y a depuis trois ans treize personnes accusées a tort au terme d'un enquête aux vides insondables (4) et par l'obstination d'un unique magistrat. La semaine dernière ce magistrat a témoigné et n'a marqué aucun regret. Aucune reconnaissance du fait qu'il aurait pu commettre la moindre erreur. Effrayant.
Quant à Joelle Aubron, Nathalie Menignon et les autres membres d'action directe peu importe depuis combien de temps ils sont en taule, on ne les laissera pas sortir, contrairement au vieux Papon.
La décision d'extradition ou de non-extradition de Cesare Battisti tombera le 30 juin de la Cour d'Appel de Paris (permettons nous ici un petit extrait de la dernière lettre du comité de soutien à Battisti) :
"Si Cesare Battisti est extradé, il ira donc directement en prison en Italie pour une peine de perpétuité, (et en dépit de sa vaste présomption d'innocence). Or ceci est absolument contraire au droit français et à 15 années de jurisprudence européenne, qui OBLIGENT à un nouveau procès: surtout quand il s'agit, comme dans ce cas, de la peine la plus haute, et d'un procès qui, à l'époque, fut une mascarade de procès, sans indice ni preuve ni enquête, avec une accusation seulement basée sur la "parole" d'un accusé "repenti" qui gagna sa liberté en échange de sa dénonciation. Cette INCOMPATIBILITÉ de droit rend donc JURIDIQUEMENT IMPOSSIBLE l'extradition de Cesare Battisti. (Et c'est pourquoi Dominique Perben a menti en faisant croire aux Français que Battisti aurait droit à un nouveau procès en Italie : c'est FAUX.)"(5)
Crois pas que Battisti ne risque rien...
Changeons de registre.
Je suis en train de lire Un jeune homme chic d'Alain Pacadis, et je dois avouer une certaine nostalgie à l'évocation des Stinky Toys, de Metal Urbain, de Johnny Thunder et des New York Dolls, des Damned et so and so (6). Je dois avouer la nostalgie d'une période que je n'ai pas connu, ou alors par épiphénomènes et vastes recoupements, parce que trop jeune, mais dont j'ai vécu les lointaines développement : L'after-punk, la new wave, la cold wave, l'alternatif, puis la noisy.
J'avoue la nostalgie de cette vaste époque aux effectives décharges d'énergie.
Punk, Funk....Blaupunkt ?
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(1) Saisissant raccourci d'une parmi les plus belles de la chanson française.
(2) Sans charre, j'aurai voulu faire ça, je me voyais un peu en éditorialiste accusateur. Qui n'est pas megalo me jette la première pierre.
(3) Je me rend soudain compte que "Bon. N'empèche que." Est une transition fréquente chez moi. Beaucoup trop féquente. Un quasi tic de langage parlé.
(4) Mais qui touche si fortement les angoisses collectives qu'il est apparemment impossible d'obtenir une reaction autre qu'émotionnelle -et donc eruptive- lorsqu'on cause de pédophilie...C'est parfois a hurler de rire ...ou a se taper la tete contre les murs. Je parle bien évidemment de l'affaire d'Outreau.
(5) Je ne saurais trop te recommander la lecture de La Vérité sur Cesare Battisti, (éditions Viviane Hamy, collections "bis", textes et documents rassemblés par Fred Vargas). C'est édifiant. Les années de plombs sont peu connues en France. On oubli fréquemment que de 1969 à 1982, en Italie, le fascisme rampant à provoqué une micro guerre civile, trop heureux que la faute en soit rejetée sur les brigades rouges. On oublie fréquemment que Berlusconi était membre de la loge P2. On oublie fréquemment trop de choses. Je ne saurais trop te recommander, en la circonstance, de venir au concert de soutien le samedi 26 juin, à partir de 19 h, au Théâtre de l'Oeuvre (55 rue de Clichy, 75009,Paris). On se croisera peut-être là bas.
(6) Un instant je me suis demandé si Pacadis citerait Oberkampf, mais probablement pas. Oberkampf ne fait pas partie de l'explosion primaire du punk. Oberkampf est apparu aprés, bien aprés la période '77/79. En fait, Oberkampf c'est quasiment de l'afterpunk.
Commentaires :
Hmm
Je ne sais pas, mais moi c'est justement le "j'ai confiance dans la justice de mon pays" qui m'a toujours paru bizarre. Voire louche. Ce sont souvent des hommes politiques qui ont dit ca. Et moi je n'ai jamais compris ca comme "je suis innocent et je pense que l'enquête révélera aux juges qu'il n'y a rien contre moi", mais plutôt comme "je suis peut-être coupable, mais peu importe, les juges savent que leur intérêt est de ne pas me condamner s'ils veulent éviter les problèmes".
Mouais...
Chers amis français,
Cela fait des semaines que je fréquente vos sites Internet consacrés à la libération de Cesare Battisti. Je lis vos invectives contre ce que vous appelez "les tribunaux spéciaux italiens". Des tribunaux "réservés à l'extrême gauche", qui auraient condamné sans preuves Battisti et beaucoup d'autres pour des actes qu'ils n'auraient pas commis. Si je ne vivais pas à Paris depuis vingt-quatre ans, j'aurais l'impression d'être tombée dans un pays bizarre, entouré de hautes murailles qui empêchent ses habitants de voir le monde extérieur. Vous voulez être les esprits le plus libres d'Europe, et vous donnez l'impression de vous être fabriqué une prison mentale dans laquelle vous vous sentez curieusement bien. Vous voudriez être les esprits les plus universalistes, et vous semblez plongés dans un singulier provincialisme, avec les vices qui l'accompagnent. Le plus grave de ces vices me paraît être l'ignorance. C'est une ignorance péremptoire, qui évite volontairement de savoir. C'est une ignorance militante : dans beaucoup de choses que vous dites, je relève ce ton soixante-huitard que vous êtes les seuls en Europe à ne pas avoir tempéré d'un peu d'humour. Je sais qu'une telle manière d'aller à contre-courant est aussi une vertu. Mais, aujourd'hui, vous êtes victimes de son revers : à force d'écouter des ex-terroristes parler de l'Italie, vous vous conformez à leur vision. La plupart d'entre vous ne connaissent rien du dossier judiciaire de Battisti, et cette ignorance est même affichée. Il est déjà en soi stupéfiant, pour un intellectuel, de se prononcer avec certitude sur des choses qu'il ignore. Cela fait penser à Aragon, quand il approuvait Lyssenko en ignorant ce qu'était "la génétique authentiquement prolétarienne". Je voudrais vous rappeler certaines choses. Que le terrorisme a fait en Italie quelque 349 morts et 750 blessés. Qu'il n'a pas été révolutionnaire, mais criminel. Qu'extrême gauche et terrorisme de gauche ne sont pas la même chose. Qu'il n'y a pas eu chez nous, dans les années 1970, une guerre civile, ni une insurrection antifasciste. Il n'y a donc pas les vaincus de cette guerre dont vous parlez. Il est donc dangereux de parler de responsabilité collective, car la responsabilité est toujours individuelle. Selon vous, Battisti appartient à une "génération de vaincus", mais ce n'est pas vrai : Battisti appartient à un groupe de condamnés par contumace qui n'ont pas purgé leur peine. Le groupe fondé par lui n'avait rien d'idéaliste. Les Prolétaires armés pour le communisme ont organisé deux homicides : l'un contre le gardien de prison Andrea Santoro, l'autre contre le policier Campagna (abattus par Battisti en personne). Puis ils ont décidé de punir des commerçants coupables! de s'être défendus contre ce qu'ils appelaient les "expropriations prolétariennes". Ainsi furent tués à Venise le boucher Sabbadin et à Milan le bijoutier Torregiani : Battisti a participé au premier assassinat et a conçu le second. Au cours de l'agression, Adriano, le fils de Torregiani, a été blessé d'une balle ; il est depuis sur une chaise roulante. Après tout cela, Battisti a été condamné ; il l'a été par contumace parce qu'il s'était évadé de prison en 1981 (en Italie, les procès par contumace sont définitifs, parce que la défense y est représentée). Une cour d'assises régulière l'a reconnu coupable de 4 homicides, sur la base d'aveux de camarades, de preuves et de témoignages. Le verdict, confirmé en appel et revu en cassation, a été la prison à vie. En général, pour sortir de tant de certitudes, on fait appel au sentiment de la honte (quand on veut sortir de la certitude on demande l'aide à la honte). Ceux qui se sont réfugiés en France ne savent pas ce que c'est, mais, vous aussi, vous semblez l'ignorer. C'est étrange, parce que c'est bien Pascal qui a parlé du "moi" haïssable. Parce que c'est vous - Bernard-Henri Lévy, Kouchner -, indignés par l'arrestation de Battisti, qui nous avez enseigné la méthode consistant à se mettre soi-même en question. C'est ce qui s'est passé avec Dreyfus, avec Soljenitsyne. L'erreur que vous commettez à propos de Battisti est d'autant plus stupéfiante. Cependant - justement parce que je vis en France -, je ne peux pas me contenter d'énumérer toutes les incongruités que vous avez énoncées - la plus terrible étant de qualifier Battisti de "victime des années de plomb". Je voudrais comprendre la raison de cette ignorance militante. Je voudrais connaître le pourquoi d'une si grande indifférence à la douleur des authentiques victimes que Battisti appelle "pornographique". J'essaie donc d'établir votre portrait-robot pour comprendre comment tant de vertus peuvent se transformer en vices. En premier lieu : l'engagement pour la liberté d'autrui. Vous avez milité pour Solidarnosc, contre Milosevic, pour les Tchétchènes. Vous avez été parmi les premiers à comprendre que le communisme était un mal totalitaire. Soljenitsyne vous a éclairés, quand en Italie il était méprisé. Mais cet universalisme était attentif au monde lointain et dénué de curiosité pour les pays voisins. Vous êtes universalistes, mais nationalistes quand il s'agit de l'Europe avec laquelle se construit une union politique, militaire et aussi judiciaire. Le second aspect est 1968. De cette époque, vous avez connu les gloires, mais non les horreurs. Vous avez été trop intelligents pour verser, comme en Italie et en Allemagne, dans le terrorisme. A la longue, cependant, cela ne vous a pas avantagés, car n'ayant pas fauté, vous êtes restés comme empaillés en 1968. Le pseudo-romantisme révolutionnaire que vous ne vous étiez pas permis pour vous-mêmes, vous l'avez projeté à l'extérieur, sur des pays inventés sur le mode exotique : vous l'avez projeté sur Battisti - un révolutionnaire pour Sollers - comme, avant, sur Baader-Meinhof. La troisième vertu vicieuse est liée au rôle de l'intellectuel. Réfugié en France, Battisti a écrit des romans. Il est devenu "un des nôtres",semblent dire les pétitionnaires. Dans la défense corporative, vous êtes incomparables : Battisti est devenu un intello, donc il est intouchable. Ce n'est pas la meilleure façon de défendre une profession souvent méprisée par les politiques. La quatrième vertu est la révolution, devenue fétiche : quiconque se déclare révolutionnaire est fêté par vous, n'en déplaise à Furet. Telle est la raison pour laquelle cela vous plaît qu'Erri de Luca écrive dans Le Monde : "La France a eu besoin d'une révolution pour changer la monarchie en république. L'Italie a eu besoin de secousses révolutionnaires dans les années 1970 pour acquérir une démocratie."La vérité est que vous connaissez l'Italie des années de plomb par les yeux de ceux qui, réfugiés en France, vous ont vendu leur fausse histoire avec la technique qu'utilisaient les camelots des années 1950 pour refiler des produits frelatés. Il existe, en Italie, une excellente littérature sur le terrorisme : cela vaut la peine de la lire. Je vous en prie, ne parlez plus de réfugiés, quand il s'agit de condamnés en fuite. Sachez que votre vision de notre justice est identique aux déclarations que fait quotidiennement Berlusconi. Lui aussi parle de tribunaux spéciaux, comme beaucoup de prétendus réfugiés. J'imagine que vous voulez aider l'Italie honnête. Sachez que vous ne l'aidez pas. L'Italie qui, aujourd'hui, contrecarre Berlusconi, lutte pour la défense des institutions, à commencer par celle de la magistrature. Un dernier mot sur la doctrine Mitterrand, qui a consisté à accueillir les terroristes à condition qu'ils renoncent à la lutte armée. Cette doctrine était déjà erronée, parce qu'elle partait de l'idée que des procès équitables étaient impossibles en Italie. En plus, elle excluait explicitement le crime de sang du droit d'asile et, de toute façon, ne peut avoir de valeur juridique, de même que n'en a aucune le repentir que Battisti exprimerait dans ses livres. On se repent ou on se désolidarise devant les instances légales, et pas seulement devant sa conscience. Sinon Berlusconi a raison quand il croit avoir à répondre, non devant les magistrats, mais devant les électeurs et les téléspectateurs. Vous n'avez pas eu à affronter l'épreuve de terrorisme parce que vous avez été plus vertueux, plus anticommunistes. Mais cette supériorité vous a aveuglés, en vous apparentant à beaucoup de brigadistes qui haïssaient les communistes italiens parce que ceux-ci défendaient la loi. Pascal n'avait-il pas aussi écrit : "Qui veut faire l'ange fait la bête ?"
Traduit de l'italien par François Maspero. Barbara Spinelli est éditorialiste à la stampa."
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 14.03.04 DU MONDE
toto
Juste pour ta gouverne...
Au temps pour le non alignement politique de cette auteure qui se réclame de la même famille d'idées que Battisti, même si leurs méthodes diffèrent. Et sans doute aussi au temps pour son objectivité. Je note d'ailleurs, qu'elle est la seule source que tu es capable de citer pour nous éclairer sur la réalité des "années de plomb". Je ne suis pas sûr qu'elle soit très objective, cette source. Médiéviste, Vargas peut-elle en un mois prétendre avoir tout compris de cette période de l'histoire italienne, surtout à travers le prisme de lecture politique qu'elle doit lui avoir appliqué?
Quant à savoir si quelques personnalités dites de "droite" ou "non alignées" ont signé la ou les pétitions de soutien, très bien, je te le concède. Ils représentent cependant une minorité parmi les signataires qui sont majoritairement des représentants de la gauche intellectuelle et politique française. Que cela te plaise ou non, c'est une réalité.
Je te laisse à tes convictions à mon propos comme à propos d'autres sujets. Ta manoeuvre consistant à bloquer les commentaires en dit long sur ta conception du débat démocratique dans notre société puisque, mis à part le fait d'être en désaccord avec toi sur le cas Battisti, je ne crois pas avoir fait usage d'abus de langage ou d'insulte à ton propos.
A suivre, le portrait complet de Libération.
"Fred Vargas, alias Frédérique Audoin-Rouzeau, 47 ans. Auteure de romans policiers humanistes à gros tirage quand elle n'est pas archéologue. S'est muée en Pasionaria du cas Battisti .
Polarisée
Par Pascale NIVELLE
samedi 26 juin 2004
Fred Vargas en huit dates
7 juin 1957
Naissance à Paris.
1983
Docteur en archéozoologie.
1986
Ecrit son premier roman, les Jeux de l'amour et de la mort.
1996
Sans feux ni lieux, éd. Viviane Hamy.
2003
Pars vite et reviens tard, éd. Viviane Hamy.
2004
La Vérité sur Cesare Battisti.
26 juin 2004
Soirée de soutien à Cesare Battisti au Théâtre de l'OEuvre, à Paris.
30 juin 2004
Décision de la cour d'appel de Paris à propos de Battisti.
l ne s'est pas trompé, le gros chat éclopé. Il a repéré la silhouette gracile sur un boulevard du XIVe arrondissement, l'a suivie au travers des ruelles et s'est faufilé dans sa maison. C'était il y a trois jours, le voilà endormi entre le piano et la bibliothèque, fondu dans le décor clair-obscur de l'ancien atelier, adopté. «Il a choisi son moment», constate Fred Vargas.
Un moment trouble, d'angoisses et d'insomnies. Rien à voir avec les nuits blanches passées à composer la petite musique de ses polars, rien à voir non plus avec ses immersions solitaires dans les vestiges du Moyen Age. Jusque-là, elle était double et unique. Fred Vargas, romancière idolâtrée, en même temps que Frédérique Audoin-Rouzeau, archéologue au CNRS. La médiéviste publiait des traités érudits et confidentiels sur la peste, Fred rêvait dans ses «rom-pol», des romans policiers humanistes, planants, drôles. Frédérique avait assisté au succès de Fred, les prix littéraires, les 300 000 exemplaires de Pars vite et reviens tard, neuvième rom-pol, où la peste menace Paris. Fred mettait Frédérique en lumière, c'était doux, étrange, plutôt paisible. Son monde était balisé : ses ossements du XIIe siècle, l'inspecteur Adamsberg, son doux héros, double dit-on du père de son grand fils. Et sa soeur jumelle Jo, sa mère, ses amis... Il n'y avait de place pour rien d'autre, pas même un chat sans toit.
Puis l'orage a éclaté. Une tempête dans le petit monde des «polardeux» parisiens, son cercle. Cesare Battisti, l'ex-activiste italien protégé par la doctrine Mitterrand, est rattrapé par les années de plomb, menacé d'extradition. Lorsque l'écrivain est arrêté, le milieu catalyse la résistance : «En deux semaines, nous avons récolté 24 000 signatures, le gouvernement ne s'attendait pas à cette révolte des petits», raconte Fred Vargas qui connaissait à peine Battisti. Et, en douze jours, elle rédige un pamphlet de 230 pages, recueil de textes intitulé sobrement la Vérité sur Cesare Battisti et signé Fred Vargas, sans ambiguïté. «Ça me rend dingue, s'exclame-t-elle, la tignasse en bataille sur son museau de chat. Cette affaire est un déni de droit, un déni de parole et un déni de vérité... Je connais bien le problème : au Moyen Age, on profitait de la peste pour faire passer des abus de pouvoir. Là, on joue sur la peur, on diabolise. Mais je ne laisserai pas Battisti aller au bûcher.» Ces mots ont traversé les Alpes, allumé en Italie une kabbale contre les intellectuels parisiens, «ignorants et bien-pensants». Beaucoup de journaux français, à genoux devant ses romans, ont renié le combat de la Pasionaria. Des amis, son frère ont désapprouvé. Des lecteurs auraient même boycotté son dernier polar. Fred Vargas, acclimatée à la pénombre de son laboratoire et de sa table de travail, a reçu le coup de projecteur en plein visage, comme une torture.
La politique, jusque-là, c'était une affaire privée. Pas question de «faire la fiérote» avec des faits d'armes ni de donner dans la littérature engagée, même si elle se déclare d'extrême gauche. Dans ses romans, les héros sont minuscules, les décors invariablement délabrés et le bien l'emporte toujours : «Je distille la politique au brumisateur, par des gouttelettes imperceptibles. Ce n'est pas une ambiance de droite, c'est peu de le dire. Mais ce n'est pas un combat frontal, je n'y crois pas dans les livres.» Avec Battisti, la romancière a débordé la prudente historienne, elle est passée de l'indignation à la conviction militante. «J'ai assisté à l'éveil de Fred et de sa conscience, s'amuse le romancier Patrick Mosconi, ami de Battisti. Elle a réagi comme Zola avec l'affaire Dreyfus.» Son éditrice Viviane Hamy, de la petite maison d'édition du même nom, a dû décider de publier en quelques heures, emportée par l'ouragan. «C'est Fred, avec son immense amour de la vie, son humanisme extraordinaire. Les gens qu'elle aime, elle veut les voir comme des êtres purs. En même temps, elle est dans la justification à outrance. Elle a un besoin incroyable de convaincre.» L'éditrice ajoute : «Je l'ai connue toute timide, elle est devenue volubile...» «Ce n'est pas ma nature, reconnaît Fred Vargas, je ne me reconnais pas.» Elle ne relâchera la pression qu'après le 30 juin, jour où Battisti sera fixé sur son sort. «Après, il faut qu'elle disparaisse, on craint pour son matricule, affirme Patrick Mosconi, cette histoire a déclenché beaucoup d'hostilité autour d'elle.» L'écrivain Marc Dugain, ami d'enfance, embarrassé comme d'autres de la voir «utiliser sa notoriété pour une cause comme celle-là», affirme : «Chez elle, c'est du romantisme plus que de la politique.» Elle dit : «Maintenant, je suis lancée. J'aimerais bien, après, voir une campagne sur les conditions de détention.» Elle promet : «Après le onzième rom-pol.»
Marc Dugain voudrait qu'elle ne change jamais, fidèle aux centaines de lettres qu'ils ont échangées à l'adolescence, précieusement gardées : «Elle est étanche au succès, c'est rare.» Fred jouait de l'accordéon, rêvant de «faire danser les gens dans les bals», et s'effrayait de son ombre. Elle parle de son père, surréaliste érudit au métier sans importance, et de sa mère chimiste, comme une petite fille en adoration. Mais c'est surtout Jo qui compte. Sa «jume», comme elle dit, son aînée de dix minutes. «On s'est partagé la tâche, dans la vie. Elle coud, je bricole, elle est bonne en maths et moi en orthographe.» Jo est toute en féminité, Fred a toujours l'air d'un garçon manqué, en baskets et treillis adolescents. C'est Jo qui a trouvé Vargas, nom d'Ava Gardner dans la Comtesse aux pieds nus. L'une est devenue artiste peintre, l'autre a beaucoup écrit avant de devenir écrivaine. Quand Viviane Hamy l'a connue en 1993, Fred n'écrivait plus, n'y croyait plus. «Ses romans avaient fait le tour de Paris et été refusés par tous les éditeurs. Je débutais, elle m'a envoyé le manuscrit de Ceux qui vont mourir te saluent, refusé depuis 87. J'ai adoré.» L'année suivante, elle écrit Debout les morts, où naît son trio d'évangélistes historiens. L'un est médiéviste comme elle, l'autre est contemporanéiste, comme son frère. Le troisième plonge dans les temps profonds des débuts de l'humanité. «J'aime me promener dans le temps, explique Fred Vargas. Je ne donne pas de repères à mes lecteurs. Pas de marques de voiture, pas de musiques connues. J'écris des histoires intemporelles.» Elle saisit l'écume, la roche et le magma, injecte des terreurs médiévales dans des squats parisiens, compose un univers devenu familier au fil des romans. L'histoire vient vite, en quelques jours, puis elle passe des mois à la mettre en musique, obsédée par le rythme. Comme Rousseau, son troisième grand amour après Proust et Hemingway.
Elle saute du fauteuil de cuir fatigué ou elle s'était pelotonnée, pioche un livre sur un rayonnage encombré et lève l'index comme un métronome. «Ecoute : "Quelque faible influence que puisse avoir ma voix dans les affaires publiques, le droit d'y voter suffit pour m'imposer le devoir de m'en instruire..." C'est l'équivalent sonore de Bach ! Je n'arrive pas à comprendre comment il y est arrivé, ce salaud de Rousseau. C'est à la fois beau et intelligent !» Elle a oublié le chat, Battisti et Dominique Perben. On dirait qu'elle vole.
photo olivier roller
http://www.liberation.fr/page.php?Article=218682
Re: Juste pour ta gouverne...
Je mets quelques infos ici, puisque tu as interdit les commentaires dans ton autre article sur Battisti. Voici l'intégralité d'un portrait de Fred Vargas paru le 26 Juin 2004 dans LIBERATION, journal qui soutient Battisti
J'adore la façon que tu as de schematiser sans vergogne : un journal tente d'avoir une approche pas trop hostile envers Battisti : c'est donc un journal qui soutient Battisti. permet moi alors d'en citer un second : La croix. Je ne crois pas qu'on puisse dire que La croix soit un journal de gauche d'ailleurs.
Tu remarqueras, au début du 4ème paragraphe, le passage suivant: "La politique, jusque-là, c'était une affaire privée. Pas question de «faire la fiérote» avec des faits d'armes ni de donner dans la littérature engagée, même si elle se déclare d'EXTREME GAUCHE."
C'est exact. Elle dit donc textuellement qu'elle n'est pas militante mais que ses opinions restent du domaine de la sphère du privé. CE n'est donc pas une militante d'extrème gauche. Bon, pour le reste tu as raison je me suis emporté. La masse abondante d'extrapolations sur le sujet ont eu tendance a me gonfler un peu vite.
(...)Au temps pour le non alignement politique de cette auteure qui se réclame de la même famille d'idées que Battisti, même si leurs méthodes diffèrent. Et sans doute aussi au temps pour son objectivité
Certes. Ajoutons : autant pour l'objectivité des magistrats qui jugèrent Battisti tant qu'on y est. Et Autant pour l'objectivité du gouvernement français, du gouvernement italien et sans doute autant pour ton objectivité et la mienne. On peut aller loin comme ça. Extrapolations, extrapolations.
Je note d'ailleurs, qu'elle est la seule source que tu es capable de citer pour nous éclairer sur la réalité des "années de plomb". Je ne suis pas sûr qu'elle soit très objective, cette source.
Tu l'as déja dit. Peut-être qu'elle ne l'est pas mais elle est documentée cette source. Donc je suis remonté à la source de la source c'est a dire des articles d'époques des comptes rendus de procés etc. D'ailleurs l'avantage étant qu'elle, contrairement a ses contradicteur, cite toutes ses sources. On peut donc les vérifier.
Au fait, encore une fois, tes sources a toi ?
Médiéviste, Vargas peut-elle en un mois prétendre avoir tout compris de cette période de l'histoire italienne, surtout à travers le prisme de lecture politique qu'elle doit lui avoir appliqué?
Elle ne prétend pas. Elle ne fait d'ailleurs pas un livre sur les années de plombs elle se contente uniquement de résumer des faits connus, et aisément vérifiables pour expliquer le contexte. Encore une fois c'est toi qui extrapole. Lecture politique ? Oui certainement, il y avait dans cette époque un affrontement politique. Ils ont été nombreux d'ailleurs ceux de cette periode qu'on a passé sous silence qu'on a discrètement effacés.
Quant à savoir si quelques personnalités dites de "droite" ou "non alignées" ont signé la ou les pétitions de soutien, très bien, je te le concède. Ils représentent cependant une minorité parmi les signataires qui sont majoritairement des représentants de la gauche intellectuelle et politique française. Que cela te plaise ou non, c'est une réalité.
C'est évident. C'est une question de valeur. Les gens de gauche ( pas tous, évidemment, on trouve des cyniques partout) ont tendance a vouloir comprendre avant de donner du baton. C'est moins répandu à droite. Ceci étant, bon, je n'ai pas fait de statistiques sur les signataires de la petition, ce que tu as du faire, toi qui est féru de chiffres et de faits concrets et indiscutables ?
Je te laisse à tes convictions à mon propos comme à propos d'autres sujets. Ta manoeuvre consistant à bloquer les commentaires en dit long sur ta conception du débat démocratique dans notre société puisque, mis à part le fait d'être en désaccord avec toi sur le cas Battisti, je ne crois pas avoir fait usage d'abus de langage ou d'insulte à ton propos
Ma conception du debat démocratique...hmmm. Tu sais Toto, si j'avais réellement voulu te museler j'aurais pu. Sans souci. Il m'aurait suffit d'éffacer tes commentaires les uns aprés les autres. Ca c'est de la censure. J'aurais également pu modifier tes posts insidieusement te faisant dire ce que tu n'avais pas dit. Ca c'est de la désinformation. Pour info le systeme de commentaires de joueb le permet ce que je trouve assez lamentable d'ailleurs.
Il s'est juste trouvé que j'ai estimé que chacun de nous avait au final dit ce qu'il avait à dire, hors de ça j'étais fatigué du débat et, oui, je ne tenais pas a te laisser avoir le dernier mot. Les arguments que tu avances me semblent suffisamment relayé par la presse, tu ne les etayes pas davantage d'ailleurs, et il en va de la vie d'un homme. Maintenant vois, tu voulais répondre malgré tout, tu l'as fait et je trouve le procédé un rien outrancier et grossier tu eut pu aprés tout répondre sur ton propre blog mais enfin je ne te censure pas.
Cependant je dois ajouter ceci : contrairement a ce que tu dis j'avais trouvé tes derniers arguments légèrements insultants. Certes pas directement mais dans le choix des mots qui sous entendait quasi systématiquement que j'affabulais, que nous affabulions.
Et au final je trouve cette dernière alégation insultante aussi. De fait, la façon dont tu participes a ce débat , simplifiant, amalgamant , sommant de donner des sources sans en avancer toi même aucune, m'évoque une façon de procéder extrèmement déplaisante elle aussi. Tu vois, j'ai bien fait de clore le débat, il m'agaçait et c'est mauvais pour mon ulcère
Salut à toi.
toto
Re: Re: Juste pour ta gouverne...
Concernant Vargas, elle "ne dit pas textuellement", c'est une journaliste qui le fait pour elle. Journaliste qui plus loin parle de la rage "militantiste" qui s'est emparée de cette auteure dans le cadre de cette affaire. Une auteure qui se classe elle-même parmi les "petits". Maintenant je te le dis, si, quand on a pignon sur rue dans les médias et qu'on vend 300 000 exemplaires de son dernier bouquin on est un "petit", qu'est-ce qu'un "grand"? Et quand, dans un article de l'Humanité, journal communiste (jusqu'à il n'y a pas si longtemps, le PCF était considéré comme un parti d'extrême-gauche) on prétend qu'il existe une campagne de calomnie en France contre Battisti orchestrée dans la presse, alors que pendant de long mois, les seuls à s'exprimer sur cette affaire dans la presse étaient justement les soutiens de Battisti, alors moi je dis qu'on "milite".
En ce qui concerne les magistrats qui ont rendu leur décision le 30 Juin, je t'invite à aller voir le dernier documentaire de Raymond Depardon. Il se trouve que l'une des trois juges qui ont statué sur les aspects juridiques de l'extradition de Battisti est la présidente qui est filmée dans ce long-métrage. Tu pourras ainsi décider par toi-même de sa conception de son travail. Personnellement, je crois que cette manière de jeter le discrédit sur des magistrats qui ont statué sur le droit (et non sur la culpabilité d'un homme) est insultante et dangereuse. N'y-at-il donc de l'intégrité que chez les défenseurs de Battisti?
Concernant le cas Libération, si tu prends la peine de relire la majorité des articles, chroniques, éditos publiés sur le sujet par ce journal dans les 5 derniers mois, tu verras qu'ils sont tous en faveur de cet auteur, attaquent vertement tous ceux qui ne se déclarent pas hostiles à cette extradition, critiquent l'attitude de la société et des magistrats italiens qui la réclament (au nombre desquels on trouve de nombreux ennemis de Berlusconi) et donnent majoritairement (si ce n'est exclusivement) la parole au camp des "contre l'extradition". Si cela n'est pas du soutien, qu'est-ce que c'est?
Concernant mes sources. De quelles sources parles-tu car il me semble que jusqu'à maintenant, tu es celui qui a porté l'attaque contre la décision rendue et que tu l'as d'ailleurs portée en nous ramenant continuellement aux années de plomb et à la doctrine Mitterrand en renvoyant tout le monde à l'étude de toujours mystérieuses et multiples sources.
Ce faisant, et je te l'ai déjà dit, en citant Kouchner (source, mais ce n'est qu'un exemple par mi d'autres, relis les discours de l'époque de Tonton, tout y est) tu as tort sur la forme à propos l'applicabilité de ladite doctrine au cas Battisti. Et sur le fond, je te l'ai dit aussi, j'ai du mal à accepter que l'on s'appuie sur les décisions d'un homme seul et connu pour ses nombreux détours (le mot est gentil) politiques (Papon, Bousquet, Beregovoy, Vichy, francisque, etc.) pour engager la parole de notre pays et aller contre le droit.
Ainsi, à l'occasion de la décision du 30 Juin 2004 les juges n'avaient pas à statuer sur la culpabilité de Battisti au regard de l'histoire de son pays, mais sur l'opportunité de son extradition au regard du droit français et du droit européen. La politique passée de la France n'avait rien à voir avec leur décision. Séparation des pouvoirs. Relis la constitution et le code civil (sources) et jette un oeil sur les conclusions du jugement de 1993 concernant Battisti (autre source). Tu y découvriras une "feuille de route" (l'expression est à la mode) qui explique par le menu pourquoi ils ont alors refusé l'extradition (pour des motifs juridiques et non politiques) ainsi que leurs recommandations à l'état italien pour obtenir satisfaction (recommandations qui n'ont été suivies que maintenant, dans le cadre de cette nouvelle demande d'extradition). Le jugement de 1993 expliquait ainsi déjà comment faire et laissait une porte ouverte à une décision favorable à l'extradition.
Je me fiche de l'histoire de l'Italie. Le problème nous concerne aujourd'hui. Y'a-t-il des raisons juridiques de s'opposer à cette extradition? Non. Dès lors, le reste ne nous rzgarde plus (sauf à vouloir faire de l'ingérence juridique et politique. Quelle serait, dès lors, notre légitimité à le faire?), sinon, nous entrons dans le débat passionnel. Le droit et la justice ne sont pas affaires de passion.
"La masse abondante d'extrapolations sur le sujet ont eu tendance a me gonfler un peu vite." C'est à dire? Quand on pense que ce problème ne nous concerne pas et que si le droit est respecté, il n'y a pas à tergiverser, on "extrapole"?
Je repose mes questions suite à ton article le plus récent:
Où sont tous les "hurleurs à l'injustice" que l'on voit s'agiter pour un pseudo-révolutionnaire intellectuel quand il s'agit de s'élever contre le scandale judiciaire du procès d'Outreau? Réponse, nulle part.
Où sont tous les "hurleurs à l'injustice" que l'on voit s'agiter pour un pseudo-révolutionnaire intellectuel quand il s'agit de s'élever contre un système judiciaire qui relâche des Fourniret et des Bodein? Réponse, nulle part.
Où étaient, d'ailleurs, tous les "hurleurs à l'injustice" que l'on voit s'agiter pour un pseudo-révolutionnaire intellectuel quand PERSICHETTI a été arrêté et extradé? Réponse, nulle part.
"Que vient faire la loge P2 dans l'affaire Battisti? Le fait que des personnes aient commis des attentats justifie-t-il ou excuse-t-il les attentats des autres? Dans quel genre de société souhaites-tu vivre? Dans une société où la règle est le Talion: à chaque attentat, tous ceux qui se sentiront lésés pourront recourir aux mêmes méthodes? Ou bien faut-il essayer de mettre en place un pouvoir régalien, certes imparfait, la justice, chargé des sanctions et des réparation? En dehors si possible de tout contexte passionnel?"
Je sais que je mélange des choses qui n'ont que peu à voir entre elles, mais ce mélange de genres, c'est toi qui l'a initié, dans ton dernier article et sur un autre blog, celui sur lequel j'ai croisé ta route et je l'avais alors, moi, trouvé outrancier.
Tu as raison sur un point cependant, nous avons tous les deux dit ce que nous avions à dire et je t'ai répondu ailleurs parce que tu ne m'as pas laissé le choix. Si tu ne souhaites pas avoir de contradicteurs, évite de tenir des propos en public, parce qu'il se trouvera toujours quelqu'un pour ne pas être d'accord avec toi et te le faire remarquer. Si tu juges cela intolérable, isole-toi sur une île déserte ou créée une dictature ou le culte de ta personnalité (Cf Staline, Hitler et Mao) sera la règle. Là, je suis volontairement cynique parce que je supporte mal la mauvaise foi et la malhonnêteté des gens qui crient au déni de justice et de liberté d'opinion mais coupent court à toute contestation.
La liberté de parole oui, surtout pour moi, c'est ça ?
PS: à propos de Barbara Spinelli, auteure de "bafouille" (ce n'est pas insultant et dégradant, ce mot? Il est de toi), une autre source jugée non fiable:
"Née à Rome en 1946, Barbara Spinelli vit à Paris. Elle est éditorialiste pour La Stampa depuis 1985. Philosophe de formation, elle est la fille d'une grande figure de l'antifascisme et de la construction européenne, Altiero Spinelli, fondateur du Mouvement fédéraliste européen."
Re: Re: Re: Juste pour ta gouverne...
Mon cher Taupe, toi qui fais dans l'épistémologie, tu devrais comprendre que quand quelqu'un annonce "La vérité sur Cesare Battisti", après un mois de travail sur une période de l'histoire qui court sur 20 ans, il "prétend". Il me semble, comme tu l'as dit toi-même, qu'il y a de gros doutes dans cette affaire. Qui peut dès lors avancer qu'il détient la VERITE? Je trouve le titre un rien présomptueux et final, moi.
Ah oui. Mais ces doutes au final, ce livre est le seul à les avancer. Et puis il faut bien toucher le public. Parce que la voix des défenseur de Battisti, dans les medias, on ne l'a pas énormément entendue excepté dans ces journaux connus pour leurs sympathies gauchisantes que sont libération et la croix.
Concernant Vargas, elle "ne dit pas textuellement", c'est une journaliste qui le fait pour elle. Journaliste qui plus loin parle de la rage "militantiste" qui s'est emparée de cette auteure dans le cadre de cette affaire. Une auteure qui se classe elle-même parmi les "petits". Maintenant je te le dis, si, quand on a pignon sur rue dans les médias et qu'on vend 300 000 exemplaires de son dernier bouquin on est un "petit", qu'est-ce qu'un "grand"? Et quand, dans un article de l'Humanité, journal communiste (jusqu'à il n'y a pas si longtemps, le PCF était considéré comme un parti d'extrême-gauche)
Oui bon. Par exemple pour moi le RPF est un parti d'extrème droite. Et alors ?
on prétend qu'il existe une campagne de calomnie en France contre Battisti orchestrée dans la presse, alors que pendant de long mois, les seuls à s'exprimer sur cette affaire dans la presse étaient justement les soutiens de Battisti, alors moi je dis qu'on "milite".
Hum. Erreur. Les premiers a s'exprimer dans le presse justement ont été les émissaires du gouvernement. Je n'ai pas toutes les dates en tête évidement. Mais bon, en étant trés bon prince on se contentera des larges déclarations de Perben lors de l'arrestation de Battisti pour commencer. Relayées ensuite par le Figaro et le Monde notamment. C'est a ce moment la si je me souviens bien que les soutiens a Battisti se sont fait entendre.
On milite certes, mais on ne milite pas d'extrème gauche. On milite pour un homme.
En ce qui concerne les magistrats qui ont rendu leur décision le 30 Juin, je t'invite à aller voir le dernier documentaire de Raymond Depardon. Il se trouve que l'une des trois juges qui ont statué sur les aspects juridiques de l'extradition de Battisti est la présidente qui est filmée dans ce long-métrage. Tu pourras ainsi décider par toi-même de sa conception de son travail. Personnellement, je crois que cette manière de jeter le discrédit sur des magistrats qui ont statué sur le droit (et non sur la culpabilité d'un homme) est insultante et dangereuse. N'y-at-il donc de l'intégrité que chez les défenseurs de Battisti?
Nenni je ne jette pas le discrédit, et Fred Vargas non plus, sur tous les magistrats qui ont jugés Battisti. Je jette le discrédit sur la façon dont la justice a été rendue (ce qui peut revenir au même au final je l'avoue). Si toutefois nous parlons bien du procés par contumace de 1981. Parce qu'il y a eu plusieurs procés non ?
Battisti, encore une fois, a été condamné à vie pour son appartenance aux PAC. Au final c'est a cela que ca se résume. C'est sur la parole de l'ancien fondateur des PAC, Pietro Mutti, lequel a été libéré, qu'on l'a acusé de la totalité des exactions commises par ce groupement.
Insultante et dangereuse ? Mais la liberté d'expression, la liberté tout court, était constamment mise en danger dans l'Italie des années de plomb. Encore une fois n'orienter le sujet que sur les attentats dus aux divers groupuscules d'extreme gauche (Attentats que je n'aprouve pas nécéssairement, je me permet de le dire avant qu'un nouvel amalgame ou une nouvelle extrapolation soit faite) c'est ne donner qu'une vision biaisée et incomplète de la situation, c'est donc travestir la vérité. Ehh oui... encore la vérité.
Concernant le cas Libération, si tu prends la peine de relire la majorité des articles, chroniques, éditos publiés sur le sujet par ce journal dans les 5 derniers mois, tu verras qu'ils sont tous en faveur de cet auteur, attaquent vertement tous ceux qui ne se déclarent pas hostiles à cette extradition, critiquent l'attitude de la société et des magistrats italiens qui la réclament (au nombre desquels on trouve de nombreux ennemis de Berlusconi) et donnent majoritairement (si ce n'est exclusivement) la parole au camp des "contre l'extradition". Si cela n'est pas du soutien, qu'est-ce que c'est?
Encore une fois on a uniquement ta parole pour en juger. Et tu nous livres la ton avis. Pour ma part je trouve que, concernant le cas "le monde" et "Le figaro" (pour ne parler que de ces deux là mais on peut prendre l'exemple aussi de l'éditorialiste de "Lire" et de nombreux autres) on a un cas sans précédents d'attaques systématique contre Battisti.
Si cela n'est pas de l'acharnement, qu'est ce que c'est ?
Concernant mes sources. De quelles sources parles-tu car il me semble que jusqu'à maintenant, tu es celui qui a porté l'attaque contre la décision rendue et que tu l'as d'ailleurs portée en nous ramenant continuellement aux années de plomb et à la doctrine Mitterrand en renvoyant tout le monde à l'étude de toujours mystérieuses et multiples sources.
Etant actuellement au travail et donc dans l'impossibilité de consulter mes notes je suis dans l'incapacité d'être plus précis, évidemment. Mais bon je ferai un édit plus tard (ce soir ou ce week end, donc) avec une bibliographie complète, soit.
Mais enfin, puisque tu me dis que les années de plombs ne se sont probablement pas passées comme Fred Vargas nous le raconte. Ou moi. N'apportant comme élément que l'article -non, le billet d'opinion- de Barbara Spinelli, et que tu me sommes de citer mes sources, me suis permis a mon tour de te sommer de citer les tiennes.
Ce faisant, et je te l'ai déjà dit, en citant Kouchner (source, mais ce n'est qu'un exemple par mi d'autres, relis les discours de l'époque de Tonton, tout y est) tu as tort sur la forme à propos l'applicabilité de ladite doctrine au cas Battisti.
Soit. Je n'ai pas lu de façon approfondie la doctrine Mitterand et je m'en vais le faire sous peu, je répondrai donc a cela. Je constate cependant que tu demeures dans un flou artistique ( Le discours de tonton ? Lequel ? celui en date de quand ? prononcé où ? )
Et sur le fond, je te l'ai dit aussi, j'ai du mal à accepter que l'on s'appuie sur les décisions d'un homme seul et connu pour ses nombreux détours (le mot est gentil) politiques (Papon, Bousquet, Beregovoy, Vichy, francisque, etc.) pour engager la parole de notre pays et aller contre le droit.
Hmmm. La tu touches un point sensible évidemment. Je n'ai rien d'un Mitterrandiste. Mais bon. D'un autre côté je suis un ardent défenseur de l'abolition de la peine de mort. Ca aussi c'est Mitterrand.
Et puis comme tu y vas "engager la parole de notre pays et aller contre le droit" . C'est beau. On dirait du Desroulède. On attend le flonflon et le tambour pour une petite Marseillaise de derrière les fagots. Bon. Aller contre quel droit ? Celui qu'on trouve injuste ? Mais certainement. Au passage d'ailleurs pendant plus de 20 ans la décision de Mitterrand n'a pas été remise en question ( a quelques rares tentatives pret) et quasiment aucune voix ne s'est elevée contre. Tout d'un coup Berlusconi est au gouvernement et c'est le tollé. Ya baleine sous gravillon non ?
Ainsi, à l'occasion de la décision du 30 Juin 2004 les juges n'avaient pas à statuer sur la culpabilité de Battisti au regard de l'histoire de son pays, mais sur l'opportunité de son extradition au regard du droit français et du droit européen.
Etrange, je croyais qu'en fait, à la base ils avait à statuer sur un vague problème de trouble de voisinage puisque c'est la raison pour laquelle Battisti à été arrêté. Ah oui mais non c'est vrai c'était un stratagème. On parlait de droit et de justice tout à l'heure non ?
La politique passée de la France n'avait rien à voir avec leur décision. Séparation des pouvoirs. Relis la constitution et le code civil (sources)
Oui j'aurais bien aimé que la politique passée (et présente) n'aie rien eu a voir.
et jette un oeil sur les conclusions du jugement de 1993 concernant Battisti (autre source). Tu y découvriras une "feuille de route" (l'expression est à la mode) qui explique par le menu pourquoi ils ont alors refusé l'extradition (pour des motifs juridiques et non politiques) ainsi que leurs recommandations à l'état italien pour obtenir satisfaction (recommandations qui n'ont été suivies que maintenant, dans le cadre de cette nouvelle demande d'extradition). Le jugement de 1993 expliquait ainsi déjà comment faire et laissait une porte ouverte à une décision favorable à l'extradition.
Jugement qui avait été cassé ensuite si je me souviens bien, non ? C'est bien de raconter les faits encore faut il tous les raconter.
Je me fiche de l'histoire de l'Italie.
Pas moi. D'une façon générale d'ailleurs je ne me fiche pas de l'histoire.
Le problème nous concerne aujourd'hui.
Pour comprendre le présent il est parfois nécéssaire de connaître le passé. Mais merci de nous éclairer sur ta vision des choses. Je la trouve trés...instructive.
Y'a-t-il des raisons juridiques de s'opposer à cette extradition? Non.
Si. Et pour commencer des raisons humaines. Parce qu'a la base tout revient à ça. Mais si tu veux en passer par là il y avait également des raisons légales. A chaque tentative qui a été faite pour extrader Battisti, la justice française s'est cassé les dents. On l'a finalement arrêté sous un pretexte bidon et aprés quelques tours de passe passe et une tentative de retournement de l'opinion on décide de l'extrader. je n'appelle pas ça de la justice.
Dès lors, le reste ne nous rzgarde plus (sauf à vouloir faire de l'ingérence juridique et politique. Quelle serait, dès lors, notre légitimité à le faire?)
Une fois Battisti extradé en effet on ne pourra rien faire. Même pas le faire rejuger. Dans une de ses dernières déclaration il a d'ailleurs déclaré qu'il acceptait de retourner en Italie si on le jugeait à nouveau.
, sinon, nous entrons dans le débat passionnel. Le droit et la justice ne sont pas affaires de passion.
Ne confond pas tout. Je suis d'accord avec toi quand tu dis que le droit et la justice ne sont pas affaire de passion mais nous ne sommes pas des magistrats et nous avons un débat d'opinion. Opinion que nous etayons chacun. Tu ne peux pas étayer les tiennes de façon nécéssairement subjective ( même si, je suppose qu'une fois ton opinion faite tu tentes d'etre objectif) et m'accuser a mon tour d'etre subjectif.
"La masse abondante d'extrapolations sur le sujet ont eu tendance a me gonfler un peu vite." C'est à dire? Quand on pense que ce problème ne nous concerne pas et que si le droit est respecté, il n'y a pas à tergiverser, on "extrapole"?
Non. On extrapole par exemple quand on dit que seuls des gauchistes ou des partisans de l'extreme gauche défendent Battisti.
Je repose mes questions suite à ton article le plus récent:
Où sont tous les "hurleurs à l'injustice" que l'on voit s'agiter pour un pseudo-révolutionnaire intellectuel quand il s'agit de s'élever contre le scandale judiciaire du procès d'Outreau? Réponse, nulle part.
Relis mes baffouilles. Personnellement je me suis également prononcé contre le scandale d'Outreau. Maintenant je pense malheureusement que les deux cas ne sont comparables. Il n'auront pas les mêmes incidences non plus.
Entre parenthèse "Hurleur à l'injustice" est une tournure a connotation péjorative.
Où sont tous les "hurleurs à l'injustice" que l'on voit s'agiter pour un pseudo-révolutionnaire intellectuel quand il s'agit de s'élever contre un système judiciaire qui relâche des Fourniret et des Bodein? Réponse, nulle part.
Ahhh, je m'étonnais aussi de ne pas lire l'antienne éternelle contre le système judiciaire laxiste. Dis donc mon loulou tu serais pas un peu de droite quand même toi ? Un peu pour la peine de mort ? Et tu nous parlais de la justice qui doit aller sans passion hein ?
Hum.
Encore une fois, compare ce qui est comparable, ta tentative charmante d'assimiler Cesare Battisti à un assassin et violeur d'enfant est assez mesquine et minable. JE passerai encore une fois sur ton vocabulaire.
"Que vient faire la loge P2 dans l'affaire Battisti? Le fait que des personnes aient commis des attentats justifie-t-il ou excuse-t-il les attentats des autres?
Nenni et il ne s'agit pas de les excuser. Mais pour commencer et encore une fois, il n'est pas prouvé que Battisti ai commis des "attentats" pour commencer. Pour continuer la loge P2 était juste un exemple parmi d'autres pour montrer que la justice italienne de l'époque n'était pas si efficiente que ça, ni même si juste, puisque l'un de ses membre les plus éminents (et pas le seul) est actuellement chef du gouvernement italien.
Dans quel genre de société souhaites-tu vivre? Dans une société où la règle est le Talion: à chaque attentat, tous ceux qui se sentiront lésés pourront recourir aux mêmes méthodes?
Encore une extrapolation. Non bien entendu. Je pense moi aussi qu'on aurait pu lutter contre les tentatives de destabilisations de la democratie italienne par l'extreme droite d'une autre façon que par la lutte armée pour commencer. Même si je n'en suis pas certain. Aprés tout, par exemple sous l'occupation allemande, la lutte armée s'appelait alors la résistance. Et elle a prouvé son utilité.
Ou bien faut-il essayer de mettre en place un pouvoir régalien, certes imparfait, la justice, chargé des sanctions et des réparation? En dehors si possible de tout contexte passionnel?"
Et bien oui je suis en accord avec cela. Mais lorsque ce pouvoir, qui n'est aprés tout exercé que par des humains, est source d'abus, il convient de le faire savoir. Aprés tout nous autres, qui sommes contre l'extradition de Battisti, n'appelons pas a un soulèvement armé pour le défendre. On devrait faire ça tu crois ?
Je sais que je mélange des choses qui n'ont que peu à voir entre elles, mais ce mélange de genres, c'est toi qui l'a initié, dans ton dernier article et sur un autre blog, celui sur lequel j'ai croisé ta route et je l'avais alors, moi, trouvé outrancier.
C'était toi qui, alors, signait "Glock" ? Hum.
Désolé de t'avoir scandalisé. Personnellement le fait qu'un homme risque la prison a vie alors qu'il n'est pas prouvé qu'il soit coupable m'indigne.
Tu as raison sur un point cependant, nous avons tous les deux dit ce que nous avions à dire et je t'ai répondu ailleurs parce que tu ne m'as pas laissé le choix. Si tu ne souhaites pas avoir de contradicteurs, évite de tenir des propos en public,
La question n'est pas là. Encore une fois si tes contradictions m'exaspéraient je me contenterais d'effacer tes commentaires ou d'interdire les commentaires sur tous mes posts, systématiquement. Mon blog n'est pas une démocratie, navré. Bon ceci étant je suis assez attaché à la liberté d'opinion pour reconnaitre que c'était maladroit de fermer les commentaires sur ma dernière baffouille. Mea culpa.
parce qu'il se trouvera toujours quelqu'un pour ne pas être d'accord avec toi et te le faire remarquer. Si tu juges cela intolérable, isole-toi sur une île déserte ou créée une dictature ou le culte de ta personnalité (Cf Staline, Hitler et Mao) sera la règle.
Tu aimes bien la caricature toi hein ? Je ferme les commentaires sur un post et hop, illico je suis Mao Staline et Hitler a moi tout seul. Ben dis donc. Qu'est ce que ce sera quand je serai grand.
Là, je suis volontairement cynique parce que je supporte mal la mauvaise foi et la malhonnêteté des gens qui crient au déni de justice et de liberté d'opinion mais coupent court à toute contestation.
Tu es brimé ? Dis au fait et l'adresse de ton blog ?
Encore une fois si le fait de fermer les commentaires de mon blog était maladroit, je n'ai pas coupé court à toute possibilité de réponse, je n'ai pas été malhonnête et j'ai encore et encore répondu même si je commence a trouvé cela extrèmement fatiguant et pénible. Meme si je pense que notre triste polémique n'intéresse plus que nous deux.
c'est sans doute difficile à comprendre mais un blog n'est pas un lieu d'expression démocratique. Pour ça il faut aller sur des forums. Bon maintenant lorsque tu cries au musellement d'opinion, je suis désolé mon grand mais j'ai tendance a penser que tu pousses le bouchon un peu loin.
La liberté de parole oui, surtout pour moi, c'est ça ?
Ben non, regarde, je te laisse raler. Mais bon si vraiment tu désires t'exprimer en long, en large et en travers, fait ton propre blog camarade. Tu pourras t'exprimer et être lu.
PS: à propos de Barbara Spinelli, auteure de "bafouille" (ce n'est pas insultant et dégradant, ce mot? Il est de toi), une autre source jugée non fiable:
Baffouille est le mot ,maladroit et pataud je te le concède, que j'utilise génériquement pour dénommer mes posts sur ce blog ( je te renvoies a mes archives). il signifie "lettre" en argot et, non, ce n'est pas un mot insultant et dégradant. Sauf peut être pour de vieux académiciens qui jugent la langue verte, langue ordurière.
Au sujet des insultes d'ailleurs c'est toi qui a initié le débat en affirmant que tu n'étais ni insultant ni dégradant. Je te répondais qu'a mon avis tu l'avais été ( et l'est encore). Point. Je n'ai pas affirmé ne pas l'avoir été.
"Née à Rome en 1946, Barbara Spinelli vit à Paris. Elle est éditorialiste pour La Stampa depuis 1985. Philosophe de formation, elle est la fille d'une grande figure de l'antifascisme et de la construction européenne, Altiero Spinelli, fondateur du Mouvement fédéraliste européen."
Ce qui ne fait pas nécessairement d'elle un grande figure de l'antifascisme. Et pas non plus d'elle une historienne et une spécialiste des années de plombs .
Salut à toi.
PS ( je me suis permis d'effacer le doublon de ton message - n'y vois pas une atteinte a ta liberté d'expression je t'en prie.).
toto
Re: Re: Re: Re: Juste pour ta gouverne...
Sinon, je ne te donne pas l'adresse de mon blog puisque je n'en ai pas. Et en ce qui concerne "Glock", ce n'était pas moi, non, même si j'ai lu ce qu'il avait à dire avec attention.
J'arrête là, notre débat, nous tournons en rond. Sache cependant que si d'aventure tu voulais bien m'indiquer tes sources, je les lirais avec attention.

