Je voudrais pas avoir l'air péremptoire mais Marianne (1), quand même, quel joli prénom et quel magazine naze. Et pourtant paraît que c'est un canard plus ou moins (2) de gauche, c'est dire si je suis pas sectaire (3).
A la base, j'avoue, j'étais plutôt allêché par certains titres tapant sans vergogne sur le gouvernement Raffarin et les divers élus UMP (4). Mais ce qui me gêne, passés les titres, c'est le ton des articles. Au final j'ai l'impression de lire une sorte de version tabloïd d'un journal politique. Une sorte de fox-news magazine.
"Bon, je me dis, donnons une chance supplémentaire à ce canard, peut-être que je me trompe aprés tout" (5), et je continue à tournicoter les pages. Et j'hallucine de plus en plus.
Point d'orgue : la chronique littéraire de Besson.
Tu t'attaques à ce truc en te disant que, bon, une chronique littéraire, avec critique à l'appui, ça n'est pas n'importe quoi même si parfois ça sent un poil l'aigreur (6).
Et paf !
Tu te rends compte que c'est que des mots tout ça.
Je le dis tout haut et tout net, dans sa critique du dernier roman de Fred Vargas (7), Besson est puant de suffisance, de connerie autoréférentielle et académique, voire contradictoire. Que décortiquer trois ou quatres phrases ou expressions, sorties de leur contextes, avec une espèce d'humour faux derche pour prouver qu'un écrivain écrit mal parce qu'on est agacé d'entendre dire qu'il est talentueux c'est mesquin. Surtout quand on est soit même un chantre de l'ampoulisme verbeux.
Patrick Besson, jusque là j'avais rien de spécial contre toi, je dois dire, mais d'un coup tu viens de rejoindre la vaste cohorte des pousse- megots et des nez d'boeufs (8).
Tiens il y en a un autre qui joue en première division, c'est John Gray. Le nom ne dira sans doute rien à ceux qui n'ont pas lu le portrait du libération d'hier, mais ce gars là est l'auteur du best seller reac Les hommes viennent de mars et les femmes viennent de venus. En gros c'est donc un chantre de la différence des sexes. Façon sexiste nouvelle vague. Genre, un homme ça encaisse, ça mate des matchs de foot et une femme c'est sensible et ça communique (et ça fait la vaisselle accessoirement). Genre (préparez vous les filles ) "les hommes sont beaucoup plus sexuels que les femmes". Hin hin hin.
Bon j'ai pas envie d'en dégoiser des brioches sur ce minable, je vous renvoie au portrait du libé d'hier, donc, qui en dit assez long comme ça. Ah si, une tite dernière : "Sans l'amour nous ne sommes rien".
J'ai quasi pissé dans mon froc en lisant ça.
Allez j'me casse j'ai plus de bile.
PS.
Solveig, le jaune c'est aussi la couleur des casseurs de grêve depuis des temps immémoriaux. Et de l'orangina. Et du pastis. Caramba.
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(1) Oui je sais mais la longueur des trajets en train, mon amoureuse qui a accés à plein de magazines gratos par son taf et ceci et cela et c'est pas ma faute meussieur le juge, je nettoyais mon canard et la page est partie toute seule .
(2) Arh arh arh ! Enfin c'est ce que j'ai entendu dire hein. Ceci dit on s'en fout. On s'en foutrait moins s'il était censé être à droite parce que bon. Le figaro madame quand même; quel torche cul. Sauf les pages lingerie mais y en a de moins en moins et de toute façon se branler c'est mal. Ou alors sur le catalogue des trois suisses.
(3) C'est de l'humour, je précise pour les relous du premier degré. Evidemment que je suis sectaire. Je suis pire qu'un mao mal repenti, ou qu'un moraliste aux cheveux gras de la fédération anarchiste, ou qu'un connard de L.O., c'est dire.
(4) Je veux dire, même si on le fait de façon déloyale, genre morsure de couilles en combats singulier, ou d'oreille en match de boxe, taper sur les élus UMP me gêne rarement.
(5) Preuve flagrante que je suis sectaire s'il en est : si le canard était de droite je n'aurais jamais donné de seconde chance.
(6) Si tu en as l'occase, jettes un oeil à Expérience l'autobiographie introspective de Martin Amis, où il a cette fameuse réflexion sur la critique littéraire qu'elle sent forcément un poil la jalousie, a fortiori si le critique en question n'est pas allé jusqu'au roman, puisque il juge en prose une oeuvre en prose. Je synthétise.
Par ailleurs bloggers, lisez Amis, l'égocentrisme et le narcissisme ce n'est pas nécessairement un grand mal, mais il est toujours utile d'en démonter les mécanisme, ce que Martin Amis s'acharne à faire dans Expérience ("Papa si t'avais la possibilité de jouir des avantages de la célébrité sans être célèbre, tu voudrais toujours être célèbre ? " "non" "Pourquoi ?" "Parce que la célébrité détraque les méninges").
(7) Et je ne dis pas ça parce que j'apprécie Fred Vargas, j'aimerais qu'on me croie quand j'écris ça : il y a façon et façon, disons.
(8) "...qui foutent ma révolte au tombeau".

