6 heures du matin, un bruit terrible dévaste mon sommeil.
Je bondis, hagard, sortant à peine du cauchemar de la nuit (1). Je soigne mon exhibitionnisme latent en déboulant à poil devant la baie vitrée de la cuisine, constatant de visu le carnage. Une bouteille de deux litres de latex liquide éventrée perd son integrité sur le carrelage, un pot d'acrylique rouge et deux d'encre de chine noire et sepia mêlent leurs fluides.
Long gémissement sonore suivit d'une série de jurons qui feraient rougir sa mère (2). Par habitude lorsque ma voix manifeste son mécontentement, le coupable poilu file se planquer sous le canapé. Je sais que c'est lui, il a du latex plein les coussinets (3).
Sale chat.
Tu ferais bien de ne plus jamais oublier que c'est moi qui paye ta paté. Que c'est moi qui peut du jour au lendemain décider de t'offrir un brushing de fourrure à coup de chasse d'eau. Que c'est moi qui, il y a maintenant plus de quatre ans, t'ai sauvé d'une mort certaine au fond d'un contener à ordures. Et que même si je t'aime bien il ne s'est pas passé une semaine sans que tu ne me le fasses regretter. T'as du pot de ressembler à une grosse peluche petit salopard. Mais n'abuse pas trop de tes charmes quand même.
Me restent deux options. Me recoucher et tenter de dormir quelques minutes avec la rage au coeur ou nettoyer le Verdun qu'est devenu le studio en maudissant sa mère (4).
Option B. Si le latex a le temps de bien sécher c'est mourru, je perds ma caution.
Je me mets à gratter en écoutant les infos. Ca parle de service minimum. Je prends l'opinel pour gratter mieux. Ca cause de loi Perben, je racle vaillamment ma moquette. Un poil d'écologie, un poil de MEDEF...
Putain. Ma moquette est foutue.
Je contemple : plus de trou que de moquette désormais.
Ma caution, ça va, je me demerderai pour la récupérer, je maquillerai, j'me dis. Mais mon optimisme, pour la journée, il est foutu (5).
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(1) Houellebecq et Georges Bush qui sotn tombés d'accord pour me pourrir mon karma : "il n'y a plus d'espoir" m'ont ils gueulés en stereo toute la sainte nuit. Pas étonnant que j'ai mal aux cheveux .
(2) Sa mère est un hussard, c'est ma nouvelle injure préférée.
(3) Accessoirement il vient d'achever ma moquette deja mise à mal par quatre chutes consécutives de narguilé. Lorsqu'il tombe, le narguilé est taquin : il brûle encore mieux.
(4) Au chat.
(5) Dans son mémoire de maitrise qu'il vient de publier à l'Association ( faut être adhérent pour le recevoir), Jean Christophe Menu, a dessiné un joli petit strip qui dit, en substance :
"La force du positif c'est le merveilleux...la force du négatif : c'est la révolte". Aucun rapport ( vraiment ?) mais j'aime bien.
Commentaires :
Re:
Latex liquide, acrylique rouge, encre de chine
Re: Latex liquide, acrylique rouge, encre de chine
A la base c'était sur une table de la cuisine, le chat l'a renversé puis a marché dedans et est allé se balader sur la moquette.
un poil d'écologie, un poil de médef
Je ne comprends pas pourquoi vous dites "suite de l'article et commentaires" car quand on clique y'a pas de suite d'article du tout, juste le commentaire ! (2)un poil malhonnête, quand même, genre publicité mensongère.
J'adore les notes de bas de page !!
(1)ouais, la partie la plus drôle, avec le latex sous les coussinets du chat.
(2)enfin, les commentaires, maintenant, hein !
Re: un poil d'écologie, un poil de médef
Re: Re: un poil d'écologie, un poil de médef
Hmmmm le "suite de l'article et commentaire" fait parti de la présentation de joueb qui héberge gentiment et gratuitement cette rognure de blog, ce doit être customisable je vais regarder

