Quand je pense à ce mec j'ai toujours l'image de cette scène (1) où les truands sont tous autour de la balance, chacun serrant dans son poing une corde a piano dont l'autre extrémité est entourée autour de son cou.
Et lui qui geint, qui chiale, qui supplie, son bide un peu gras et poilu nu débordant un peu sur son slip, allongé sur la table de la cuisine si atrocement familière de ce pavillon louée pour l'occasion. T'as l'impression d'être chez de lointains cousins.
Il les implore chacun du regard, évoquant les bons moments passés, les souvenirs communs. Certains détournent le regard gênés, la plupart répondent par une injure bien sentie.
Et puis ils serrent.
Ouais, c'est cette scène que je vois quand je pense à Michel Youth.
Et dans le rôle des truands, tous les présentateurs faux-culs qui l'ont reçu un jour, en ricanant d'un air embarassé quand il passait la ligne, d'un air gêné mais secrêtement réjouis parce qu'entre nous la ligne, hein, on sait bien à quoi elle sert à la tévé.
Dans la scène d'aprés eux aussi crèvent, mais je ne sais pas comment.
Ils sont punis pour leur mollesse consensuelle, leur abjection quotidienne, leur faculté prévisible à taper dans le dos de n'importe quelle célébrité : "ah ah t'es mon pote je t'adore ah ah ce mec je pourrais vous en raconter sur lui mais c'est pas le propos surtout ne ratez pas son dernier film, sa dernière pièce, son dernier show, c'est LE mec qui fait l'actualité en ce moment".
Evidemment ce ne sont que des fantasmes masturbatoires un peu cons. Le genre de rêve d'ultraviolence que je fais pour me sentir un peu supérieur. Mais bon. N'empèche.
J'aime pas Michel Youth c'est un fait. Il est arrivé qu'il me fasse rigoler tu vois, que je trouve une certaine inventivité dans son espèce de délire perpétuel de singe cocaïnomane totalement hors de contrôle. Mais finalement non. je ne suis pas convaincu. Ce doit être mon vieux réflexe puritain.
Ca arrive avant hier. Je suis dans la rue, comme un con, je cherche une pièce pour mettre dans l'horodateur, je fouille mes poches, j'étais certain d'avoir de quoi, en ce moment je fais gaffe, tu vois, avec le second tiers provisionnel qui est tombé je suis un peu la tête dans le sac alors la moindre pièce compte. J'en suis arrivé à enlever ma veste, je la retourne, je la secoue, putain j'ai fait quoi de cette pièce c'est vraiment pas le moment merde. Normalement gruger je m'en foutrais un peu mais là, je sais pas pourquoi, je suis persuadé que si je le fais je me prends une prune et un sabot. Et ce serait pire.
J'en suis à soulever la moquette de sous les sièges avant pour voir si il n'y aurait pas de la monnaie qui se serait malencontreusement glissée dessous, voire un billet on sait jamais, quand on me botte le cul.
Comme ça. Pan !
Remarque, je me dis incongrument sur le moment, le premier instant de surprise et de douleur passé, je devais faire une jolie cible, le derche dressé qui dépassait sur le trottoir telle une invitation scabreuse.
N'empèche ce ne sont pas des manières.
Je fais ni une ni deux, je me retourne prêt a en coller une bonne à mon agresseur.
Et me retrouve face à la tronche de mIchel Youth. L'insupportable tronche de Youth, avec son demi sourire un brin suffisant et ses yeux qui pétillent de malice. Ca me désarme un brin, frapper une célébrité, quand même, bon, il faut être plus subtil.
"Pourquoi t'as fait ça ?"
"C'est pour mon prochain film, un sketch qu'il nous manquait"
Les bras m'en tombent.
"Et tu comptes pas t'excuser, ni rien ?"
Il me regarde, carre ses mains dans ses poches, laisse éclater complètement son sourire sur sa face de star.
"Ben non".
On sent que le moment crucial est passé, il risque plus rien, son auréole le protège.
Je ferme les yeux, la table de la cuisine, la balance, les truands. J'ai tord je me dis, il ya , comme ça , des associations qui ne se font pas.
Youth n'a pas trop bougé, il se demande ce que je vais faire, il prévoit sa prochaine connerie, il ne pense a rien, va savoir.
"Tas pas une pièce pour mon parcmètre ?"
Il hésite, il sourit. Wahh donner une pièce à ce pauvre mec, wahh quelle chute super genre ça donnera une sorte de second degré un peu ambivalent...il fouille dans sa poche en baissant la tête d'un air concentré.
Alors bon, pour le principe je lui en colle une.
De toute façon j'ai pas de quoi lui faire un procés.
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(1) In J'irai au paradis car l'enfer est ici, film dont on ne saurait dire uniquement qu'il est beau et quand est ce qu'il va sortir en dvd bon sang !
Commentaires :
Re: question
Ah oui mais non, c'est beaucoup trop facile. Bon je donne des indices :
1/le patronyme de Michel Youth est légèrement déformé pour les besoins de mes fantasmes fictionnels mais les initiales restent semblables.
2/ Ce n'est PAS un présentateur , c'est un de leurs fréquents invités.
3/ Il s'est commis dans de nombreuses pitreries parfois drôles, parfois pas. Récemment dans un film.
Le premier qui trouve gagne une choucroute garnie.
Et, ayant compris, je te ferai remarquer que ce post devrait appartenir à la série sur les comiques de mes (enfin, de tes) couilles. Non, je suis pas chiant, je suis juste maniaque.)
Re:
C'est exact et à la base je comptais le faire...mais je suis pas doué pour ranger mes affaires. Et j'en ai marre que le mot le plus utilisé pour trouver ce bloug soit "couilles". Je serais couillologue, encore, ça me ferait de la clientèle, mais même pas.
Dites les John Doe, vous pourriez signer vos commentaires ? C'est pas pour vous vexer ni rien mais moi j'aime bien savoir a qui je répond.


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