C'est amusant comme périodiquement ça me frappe, mais la gentillesse est vraiment mal portée. Incroyable. Tiens tu peux plus dire à un mec que c'est un brave gars sans te prendre une beigne dans la tête (1) alors que bon, hein, brave c'est une adjectif qui devrait être positif. Et c'est pareil pour gentil. Peut-être même que c'est pire. Je ne me souviens plus quand exactement (2), mais un jour l'adjectif "gentil" est devenu péjoratif. C'est insupportable (3). Ce qui est encore plus insupportable c'est le corollaire de cette tendance : comme être gentil c'est systématiquement assimilé à être niais et deséspérement sans humour; être méchant sera systématiquement assimilé à être rempli d'intelligence et plein d'humour. Ben voyons. A quoi les plus crétins rajouteront une bonne dose de cynisme, et une attitude blasée qui est des plus risible pour un peigne-cul qui n'a jamais voyagé plus loin que son ego surdimensionné (4). Meuhhh si regarde bien autour de toi, ou juste dans l'étrange lucarne ou bien écoute simplement les potaches qui beuglent à la radio le matin, on en voit -ou on en entend- partout de ces types qui te prônent le cynisme et une pseudo irrévérence qui va être calmée à la moindre invitation chez Drucker ou à la moindre injonction du CSA (5).
Bon.
Ceci dis qu'on me comprenne bien. Je ne suis pas systématiquement contre l'irrévérence, le cynisme (quoi que....) ou euhh la méchanceté. Je ne prône pas le cucul et le gnan-gnan (certainement pas d'ailleurs, merde alors, depuis quand la gentillesse se résume-t-elle à ça ? Rien à voir nom de Zeus !).
Et d'ailleurs je m'en fous, tu peux essayer d'être méchant ( Parce que bon, si t'es vraiment méchant t'auras juste pas d'amis et plein de gens qui te haïront à la place, et ce n'est pas facile à vivre au quotidien, crois moi) je m'en fous. C'est juste que tu seras juste un con de plus à suivre sans aucun talent une tendance à la con pour te pourrir la vie de plus.
Bon j'arrête je suis aigri, ça ce sent.
(1)Ca m'est arrivé pas plus tard que vendredi avec le gars Winnie, et j'aime autant vous dire qu'il est mastoc le gars Winnie. D'un gabarit de catcheur même. J'en ai encore mal à toute la colonne vertebrale.
(2)Je dirais vers le début des années 90, à l'époque de l'avènement du "connard cynique et plus malin que toi"...je me souviens même du premier que j'ai entendu, c'tait un gars qui s'appelait Maurice, il passait sur Ouïe F.M., et il drainait un public de groupies adolescents au masochisme certain qu'il insultait de temps en temps, traitait avec un mépris amusé la plupart du temps et récompensait plus rarement d'une ignominieuse remarque bienveillante, un peu comme on flatte l'encolure d'un bon chien. Au début j'aimais bien cette émission et ce mec, en raison de la nouveauté supposée du truc. Mais rapidement c'est devenu chiant. Minable. Exaspérant de suffisance et finalement pas trés drôle. D'autant plus que ce sombre con avait remplacé avec son émission de libre antenne, l'émission d'Annabelle, de sa voix sensuelle et de ses histoires érotiques sussurées entre 23h et deux heures du mat'. Rien de comparable.
(3) Evidemment, toi qui est érudit ô combien, tu auras reconnu dans le début de ce texte et dans les propos tenus, la paraphrase d'un texte de Michel Onfray extrait du désir d'être un volcan et dont je ne peux me retenir ici de citer un passage (Et d'ailleurs je suis solidaire du combat de Onfray) : "La gentillesse est mal portée. Cent fois j'ai pu en faire l'expérience lorsque d'aventure j'ai remercié en son nom tel ou tel qui m'avait fait présent de cette vertu, à mes yeux cardinale, dans un geste, un mot, une intention ou un signe. On ne veut pas être gentil, c'est suspect, mal venu, un peu niais, sinon entaché d'une légère connotation péjorative. La gentillesse passe pour une vertu de faible, une minoration débile, la qualité des gens sans qualités. Gentils l'idiot du village ou la personne sans caractère, dépourvue du tempérament qui lui permettrait une colonne vertébrale. Gentille la fille à l'esprit traversé par le vent, le garçon resté demeuré, l'enfant voué aux vertus sirupeuses. Gentil le roi Henry VI dans l'immense et homérique pièce éponyme de William Shakespeare. Gentils les humbles, les sots, les simples d'esprit, ce qui, convenons-en, fait du monde Pourquoi faut il que cette vertu que je chéris chez ceux que j'aime passe pour piteuse, sinon calamiteuse ? La gentillesse n'est-elle que l'effet d'un manque de force ou d'energie, une faiblesse de l'âme chez ceux qui ne savent être ni lucides, ni cyniques, ni sarcastiques, ni désabusés, à défaut d'être cruels ? Maladie de la volonté ou triomphe des vertus qui rapetissent ? Effet d'une santé défaillante ou décadence d'un tempérament sans squelette ? Je ne veux rien de ces diagnostics pour qualifier une vertu que j'estime parmi toutes avec la magnanimité et la longanimité, signes de forces en excés, de puissance en abondance."
(4) Et voila que je m'énerve. Bon. Et du coup je fais des clichés ce qui qui est impardonnable. Mea Culpa. C'est du cinéma tout ça, j'te jure. J'en ai rien à branler. Je suis blasé moi tu sais.
(5) Quoi que l'exemple soit mal choisit puisque les injonctions du CSA participent du détestable retour à l'ordre moral qui est dans l'air ambiant. D'ailleurs je suis contre le CSA finalement
Commentaires :


Dans un autre registre...