Il y a pas si longtemps de ça j'étais à une soirée un peu puante (1) avec mon amoureuse. Un peu puante comme un peu toutes les soirées en fait. En fait en ce moment je trouve la plupart des gens puants et c'est vrai que ça heurte fermement ma petite morale personnelle (2). Je trouve la plupart des gens puants et en plus, souvent je suis jaloux. Et mesquin. Et méchant. Et grognon. Et gratuitement en plus. Mais bon, c'est uniquement en ce moment, à priori c'est destiné à durer pendant une période limitée (3), et puis merde, je ne suis pas exempt de petites avanies. C'est pas parce que j'ai des ideaux élevés que je suis censés toujours leur coller au cul (4).
DONC, j'étais à cette soirée pleine de connards et de connasses, et je buvais tranquillement dans mon coin et d'ailleurs il me semble que ma copine était rentrée quand je surprend une conversation entre deux gougnafiers. Conversation qui tournait autour du profit (Ici j'ouvre une parenthèse : le concept de profit ne m'est pas totalement étranger et si j'avais les moyens, à l'heure qu'il est, de devenir riche sans léser personne ou alors en ne lésant que d'autres riches mais en restant dans la légalité, croyez moi, j'le ferais. Mais je suis un doux utopiste et je ne gagne jamais au loto), pas le leur de profit. LE Profit. The profaïte (5). Le concept de profit. enfin tu vois de quoi je cause. De quoi ils causaient. Enfin tu vois. Bref. Tout cela m'a semblé abscons. D'un oreille distraite j'ai continué à coller à la conversation tandis que de l'autre j'absorbais les infrabasses de l'hypercore-techno qui passait sur la chaine tout en les noyant copieusement d'alcool (6) au passage - Autant vous dire que j'étais plus fraîchou, fraîchou. Au bout d'une petite dizaine de minutes les mots de leur discussion on commencé à se détacher de toute signification et à tourner dans ma tête, et les murs de la pièce aussi. C'était des mots comme "conjecture", "analyse", "cotation", "gargarisme"(7), "inflation", "déflation" et "courbes". Dans ma tête je me suis mis à composer une petite chanson à partir de ces mots (8). Et soudain je me suis rendu compte que les deux gougnafiers me regardaient d'un air étrange, faut dire que je chantais à voix haute. Puis m'est venue l'irrésistible envie de vomir qui accompagne mes alcoolisations les plus forcenées (9). Je me souviens ensuite d'avoir cherché à arrêté un taxi sur la place de la république vers 4 heures du matin en insultant le neo-libéralisme. Puis le trou noir.
J'ai des débuts de week-end passionnants.
(1) Sens figuré s'entend
(2) Je ne suis habituellement ni fat, ni plat, ni spécialement méchant.
(3) Je réfute l'hypothèse facile suivant laquelle je m'aigris. Je ne m'aigris pas, je suis juste dans une phase négative et comme chacun le sait "plus séduisant est le coté obscur de la force". Hum.
(4) Je tiens à prévenir qu'il m'arrive d'être grossier.
(5) C'est un procédé stylistique un peu usé désormais, n'empèche, il est relativement parlant même si peu élégant, je me réserve donc le droit d'en user et d'en abuser.
(6) D'autant plus qu'en ce moment, j'essaye d'arrêter de fumer. Alors forcément, je bois davantage.
(7) A la réflexion je ne suis plus tout à fait certain que "gargarisme" en ai fait partie. Ceci étant c'est un joli mot.
(8) Chanson dont je ne me souviens malheureusement plus du moindre iota ( ca se dit ça, ne plus se souvenir du moindre iota ? Non. Encore un néologisme barbare.)
(9) Pas uniquement enfin pas spécifiquement les plus forcenées. En général je vomis lorsque je picole et que je suis stressé. Ce que je ne comprends pas puisqu'a priori, boire est censé me détendre. Je crois beaucoup aux vertus curatives de l'alcool. D'ailleurs on conserve des serpents dans l'alcool.

