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Mercredi (22/09/04)
Dorénavant...

Je poursuis mes époustouflantes aventures sur http://20six.fr/BigSur .
Parce que c'est comme ça et que j'avais envie de tester 20six.

Ecrit par Taupe, à 17:01 dans la rubrique Genèse.
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Vendredi (23/07/04)
Elle freak, elle est chic, elle est aquatique (1)
--> mais j'aurais pu appeler ça également bonnes résolutions.

J'aurais pu continuer à trainer ma misère en bougonnant, au final.

 J'en ai pas grand chose à foutre de m'impliquer dans un énième projet de site web (2) que je ne tiendrai probablement pas jusqu'au bout.
M'enfin bon.
Il est dit que ce blog me serre aux entournures comme un vieux sous-pull à coll roulé en synthétique gris souris ou rouge brique des années soixante-dix (3), et surtout, que je n'en vois plus bien la cohérence, ni la finalité, si tant est qu'il en eu jamais une (4).
Il est dit que je n'ai plus tellement l'impression d'avoir de chose à raconter ici, excepté sans doute mes opinions (5). Et j'ai beau être un prosélyte convaincu je doute parfois vraiment de l'utilité du processus.
Il est dit que mon ego subit actuellement une panne qui serait appréciable si elle n'était dûe au décés douloureux de la personne qui comptait le plus au monde pour moi. Ceci dit pourvu que ça dure (la panne d'ego pas le décés).

En conséquence de quoi cette bafouille marque la fin de ce blog. Bon comme j'ai horreur du définitif et que je suis un vélléitaire complet il est plus que probable que dans quelques semaines, je me contente de restructurer tout ça en profondeur quelque part dans la webosphère.

En attendant jai besoin de vacances, de chaleur, et qu'on me sussure Warm Valley d'une voix douce au creux de l'oreille.



(1) Malka Family, in "Malka on the beach", album aux instrumentaux funk brillants et au paroles parfois en dessous de tout. Album mythique, hélas jamais réédité en cd. Peut-être qu'un jour j'essaierai de tirer l'essence du son des Malka de ma vieille K7 pour en faire un ensemble de mp3 potables, qui sait ?
(2) Alors que dans le désordre : je déménage deux fois, je suis en train de monter l'orga d'un GN qui me tient plutôt à coeur et qui pourrait donner , si tout se passe comme prévu, le plaisir ultime que doit à mon avis donner un GN à tout participant sauf les blasés et les cyniques mais ceux là qu'ils aillent se faire mettre profond (oui, même les petites filles et les beaux ténébreux  qui ont tout vu et tout vécu et finissent ainsi par ressembler à de vieilles rombières), j'ai quelques envies urgentes et évidentes désormais, je veux renouer certains liens que les années ont rendues lâches et pleins d'autres choses. Je fourmille, bordel. Je fourmille de non apathie, ça change. Alors un site web que je dois mettre à jour depuis plus de cinq ans, je me demande...mais bon on verra.
(3) Ceux qui ont vécus l'inénarrable coupe au bol yéyé assortie au pantalon moulant-patte d'eph à carreau écossais et sous-pull rouge qui grattent comprendront sans aucun doute ce que je ressens. La véritable raison de la vague punk de 78 réside dans le sous pull, c'est ce que découvriront un jour les sociologues.
(4) Oh et puis merde, on s'en fout, quand on joue à gratte moi l'ego faut pas non plus aller se poser trop de questions.
(5) Et on voit ce que ça donne... Bon allez merde va signer cette pétition, si Battisti est honteusement extradé je peux même plus t'expliquer à quel point ça pue -toto, tes sources demain.

Ecrit par Taupe, à 17:33 dans la rubrique Genèse.
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Vendredi (09/07/04)
Battisti, encore.

De vibrillonnantes polémiques ayant été déclenchées partout , un mien lecteur ayant par dessus le marché jugé bon de me copier-coller une bafouille de Barbara Spinelli parue dans le monde ( qui continue, entre parenthèse, sa belle campagne de désinformation) et le cas commençant à devenir gravissime, voire même effrayant, je me sens tenu de rapidement essayer de balayer les idées reçues sur le sujet.

Avant toute chose j'aimerais encourager mes lecteurs qui pensent scandaleuse la décision de justice soutenue -voire fortement influencée- par l'Etat français d'extrader Cesare Battisti dans un pays où désormais il risque une peine de prison à perpétuité sans nouveau procés  à aller signer la pétition de soutien à Battisti à cette adresse. Ca ne coûte pas grand chose quand on songe que lui risque de finir sa vie en taule.

Pour continuer j'aimerai répondre tranquillement a quelques arguments que l'on m'assène trés souvent sur le sujet. Une bonne fois pour toute.

Premier argument (je me permet de condenser et de schématiser un poil) : Cesare Battisti est un ancien terroriste. D'une manière générale tous les gauchos italiens des années 70 étaient des terroristes

Je voudrais deja suggérer à l'auteur de ce genre d'argument de se renseigner sérieusement et attentivement sur la période dite des "années de plombs" en Italie. Cette période qui dura de 1969 à 1989 peut-être assimilée à une gerre civile de faible intensité.
Elle a effectivement été extrèmement féconde en attentats. De fait, une grande partie de ces attentats furent commandité par la droite et l'extrême droite dans le but de destabiliser suffisamment le système pour créer une ambiance propice à un coup d'état. Le but final et avoué étant d'empécher un gouvernement communiste de s'installer en Italie(1). 
Dans ce climat d'urgence  et face à une conquête electorale impossible , la gauche extra-parlementaire se mobilisa à son tour contre un Etat partiellement responsable mais trés largement complice d'une série de massacre.
Parmi ceux-ci, celui de la Piazza Fontana(12 décembre 69 - 16 morts, 88 blessés, sans compter les assasinats collatéraux pour faire taire les témoins, les juges, les policiers etc). qui fut le véritable élément déclencheur de la réaction de la gauche extra parlementaire, laquelle décida de prendre les armes contre un Etat qu'elle jugeait responsable d'une situation politico sociale insoutenable dans le pays. Parmis les dirigeant et les penseurs de la droite et de l'extrême droite d'alors, on trouve les membres de la fameuse loge P2 (P2 pour Propagande2)  regroupée autour du "Plan de Renaissance Democratique" : un projet de coup d'état "en douceur" afin de placer au pouvoir une sorte de République autoritaire. Parmi les 963 frères affiliés à la loge (déclarée illégale vers la moitié des années 80) jusqu'ici découverts figurent Sylvio Berlusconi, son ministre de l'intérieur Giuseppe Pisanu, et pas mal d'autres représentants du gouvernement italien aussi en charge. Voila pour relativiser sur l'amalgame facile : gauchiste italien des années 70= terroriste.

Deuxième argument :En tout cas Cesare Battisti est un meurtrier.

Rien n'est prouvé. Et en France, lorsque rien n'est prouvé, l'accusé est présumé innocent. J'irais même plus loin en disant que rien n'est prouvé et que les bases sur lesquelles Battisti a été condamné sont largement douteuses. Résumons brièvement :
Cesare Battisti est devenu membre en 1977 de l'un des trés nombreux petits groupes armés d'extrême gauche (cf premier argument), les PAC ( prolétaires armés pour le communisme ). Il finit en prison avec ses camarade en 1979 et s'en évade le 4 octobre 1981.
Lors de sa première arrestation en juin 1979, il n'existe pas la moindre preuve matérielle et pas même le début d'un commencement d'indice contre Cesare Battisti. Preuve en est que le Cour ne peut le condamner pour aucune exaction en 1981 mais à la seule appartenance aux PAC ce qui lui vaut une peine d'emprisonnement de 12 ans et 10 mois. C'est avec l'apparition tardive de Pietro Mutiti ( Un des fondateurs des PAC dont il fut membre jusqu'a la dissolution du groupe début 79) que débute un nouveau procés. Celui-ci se déroule en l'absence de Battisti. C'est sur les seules paroles de "repentis" comme Mutti, d'hommes torturés  comme Sisinio Bitti ou de "dissociés", que Battisti est alors accusé d'avoir commis la totalité des actes des PAC - une soixantaine de braquages et 4 homicides- sans aucune preuve irréfutable, et qu'il est condamné par contumace à une peine de prison à vie.
Cette condamnation est donc essentiellement due au témoignage de Pietro Mutti (preuve principale de l'accusation). ce témoignage a été obtenu par la négociation de la liberté de Mutti en échange du nom de Battisti.  Quid des certitudes comme quoi Battisti serait un assassin ? Elles chancellent tout d'un coup largement (2).

Troisième argument : La France doit extrader Cesare Battisti car c'est à l'Italie de le juger.

Et en vertu de quoi ?
Il n'y a aucune certitude ( en tout cas aucune des certitudes assénées) qu'il soit coupable de ce dont on l'accuse et pourtant l'extrader c'est le condmaner.
L'Italie a déja jugé Battisti - dans des circonstance plutot douteuses, rappelons le- et il y est désormais condamné à une peine de prison à vie. La loi Italienne, contrairement à la loi française, ne prévoit pas de recours à un nouveau procés aprés un jugement par contumace, de sorte que Cesare BAttisti est extradé il sera immédietement emprisonné à perpétuité. C'est donc bel et bien de la vie de Cesare Battisti qu'il s'agit et à travers elle de celle de centaine d'hommes et femmes auxquels la France a donné asile. Il est curieux que cette affaire ressurgisse alors que les affaires de Sylvio Berlusconi connaissent quelques ennuis.

Quatrième argument : La France n'a jamais promis de ne pas extrader Cesare Battisti.

Et bien si, justement. En 1985, le président François Mitterrand énonça sa fameuse Doctrine et ouvrit les portes du pays aux réfugiés italiens ayant rompus avec toute forme de violence politique, "estimant que les lois spéciales adoptées de l'autre côté des Alpes lors des vagues terroristes [...] allaient à l'encontre de la  conception fran,çaise du droit". En octobre 1990 Cesare Battisti arriva dans notre pays  pour se présenter devant la justice.  Le 29 mai 1991, la Cour d'Appel de Paris le déclara par deux arrêts non extradable.

Cesare Battisti a pourtant été arrêté le 10 février 2004 par des policiers de la Direction Nationale Anti-Terroriste sur le faux pretexte fabriqué d'une plainte de voisinage et de "menaces de mort envers un voisin". Cette version première du motif de l'arrestation fut confirmée dans la presse et la télévision par le Garde des Sceaux Dominique Perben. ce mensonge d'Etat avait pour fonction de laisser croire que l'arrestation de BAttisti était un fait du hasard et non pas une opération programmée. Sitot ce mensonge éventé il fut rapidement classé sans suite.

Cinquième argument : Condamner Battisti, c'est juste et il le mérite.

C'est juste ? Juste en vertu de quoi ? Il n'y a jamais eu la moindre preuve que Battisti soit le meurtrier qu'on s'acharne à décrire.
Est il juste que les auteurs présumés de la Piazza Fontana eux, furent acquittés par la justice italienne au motif qu'ils avaient été accusés sur la parole de repentis ?
Est-il juste que Sylvio Berlusconi et une grande partie des membres de son gouvernement ne furent jamais inquiétés ?
Enfin puisqu'on parle de justice française et de terrorisme, faut il rappeler que la France a accordé l'amnistie aux putschistes de la guerre d'Algérie et de l'OAS  dont les attentats, les massacres civils et les tortures sont désormais ( et étaient à l'époque) forts connus..

Je n'aime pas, et de moins en moins l'idées que les cyniques puissent continuer à gagner. Je veux que Berluconi, Perben et consort essuient un cuisant échec sur ce qu'ils considèrent désormais comme un combat gagné et surtout, je veux que Battisti s'en sorte.
Appelle moi naïf  mais je refuse de me résigner.

___________________________________________________________________________
(1) Figurez-vous que même la C.I.A a trempé la dedans. Nonnn ? Si si. En décembre 1975, lorsque Colby, ancien directeur de la CIA reconnut que la CIA avait menée un opération secrète destinée à modifier le cours des évènements politiques en italie en faveur de l'anticommunisme, Georges Bush (Père - le nouveau directeur) ajouta : "D'autres évènements de ce type ne sont pas exclus si les exigences de sécurité des Etats unis le demandent".
(2) Il suffit de se tenir un peu informé pour se rendre compte que malgré tout cela, la presque totalité de la presse italienne et française n'a pas remis en doute la validité de ces accusation et les a présentées comme "certaines".

 

Ecrit par Taupe, à 13:49 dans la rubrique Genèse.
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Mercredi (30/06/04)
heartbreak soup theater
--> Une baffouille en guise de requiem
J'ai pas grand chose à te dire en ce moment, ce doit être comme ça quand on vit un deuil.
Je pourrais te raconter sa mort, comment ça me dévaste, et pas moi uniquement; je pourrais te raconter qu'au final les vieux rites ne sont pas si cons que ça on finit par trouver leurs fonctions quand il s'agit de survivre.
Je pourrais te dire aussi les qualités que j'admirais le plus chez lui : son humanité, son intégrité, sa force et ses faiblesses et comme ça va être dur de vivre sans lui. Je pourrais te dire aussi à quel point c'est injuste qu'il soit mort, à quel point en ce moment j'en ai plus rien à branler de rien -ça ne durera pas, je sais.
Mais tu t'en fous de tout ça et sans doute que t'as raison, et moi j'ai juste envie de partager ma peine avec n'importe qui ce qui ne sert à rien d'autre qu'à me soulager momentanément.

En ce moment j'écoute en boucle le dernier album d'un vieux groupe de copains qui s'apelle Karpatt (2). Il est beau comme un camion, pas mal de leurs chansons me foutent des coups de blues, d'autres des coups de fouet, et y en a qui sont entre les deux, c'est une de celles-là que j'ai envie de coller ici. En guise de conclusion.

Je partirai sur ce vieux zinc à chaque gorgée de vinasse
Qui sera mon seul carburant, mon seul ami dans ce palace
C'est dans le lit du tord-boyau que je dormirai tout à l'heure
Quand j'aurai usé ses goulots, embrassé le cul de ses soeurs

Allez vas y la mère, sors moi ta bouteille
La mère
Celle où qu'y a un message dedans
Celle où qu'on s'voit dedans

Allez vas y la mère, sors moi ta bouteille
La mère
Celle où qu'y a un message dedans
Celle où qu'on s'voit dedans

La mère sous le comptoir y a une cuvée pas pour les filles
On a comme qui dirait rendez vous
Range tes mignonnettes de paccotille
J'ai soif c'est du serieux
Du genre breton qui rentre au port
J'ai soif c'est du serieux
Allez soulage moi le corps

Allez vas y la mère, sors moi ta bouteille
La mère
Celle où qu'y a un message dedans
Celle où qu'on s'voit dedans

Allez vas y la mère, sors moi ta bouteille
La mère
Celle où qu'y a un message dedans
Celle où qu'on s'voit dedans

Tout à l'heure j'finirai à poil
Avec la queue entre les jambes
Et si tu vois qu'j'arrive plus à bander
A coup de pieds au cul j'irai me pendre
Mais avant d'baisser pavillon
Il m'reste encore à picoler
4-5 bonbonnes de ton vieux vin
J'ai pas fini de m'régaler.

Allez vas y la mère sors là ta relique
J'ai envie d'la boire dans les yeux
J'ai envie de d'vnir amoureux
Allez vas y la mère sors là ou j'la pique
J'ai envie de d'vnir amoureux

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(1) Le groupe s'appelle Karpatt, leur site c'est http://www.karpatt.com, le dernier album s'appelle "à l'ombre du caillou" il sera distribué en septembre, pour l'instant ils se contentent de le vendre à ceux qui viennent les voir dans les ptits concerts qu'ils donnent un peu partout en France.
Ecrit par Taupe, à 15:04 dans la rubrique Genèse.
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Lundi (14/06/04)
L'envers de nos cuirs
--> & le noir sidéral (1)

Il y a peu de temps j'ai voulu écrire un texte qui se serait appelé "Je n'ai plus confiance en la justice de mon pays" (2).
Et puis je ne l'ai pas fait parce que d'abord quelque part, je ne sais pas trop où mais certainement vers là où se situent mes sentiments antinationalistes, mes sentiments plutôt libertaires, le fait de dire "mon pays" me gêne un peu.
C'est stupide, je sais mais ça me gêne un peu.
Et le fait de dire "La justice de MON pays" me gêne encore plus.
Bon. N'empèche que (3).

Il ya dans libération, tous les lundis depuis plus de trois ans, une chronique de Dominique Simonot intitulée Carnets judiciaires.
Depuis plus de trois ans donc ( et même davantage) Dominique Simonot va traîner ses guêtres dans les tribunaux correctionnels ( le  plus souvent à Nanterre me semble-t-il) et le résultat est édifiant. Matraquage quasi-systématique de peines disproportionnées pour les exclus de tout poil, peines de prison sans sursis pour des cas psychiatriques où un suivi médical serait bien plus approprié...La justice au quotidien n'est pas trés belle à voir.

Il y a depuis trois ans treize personnes accusées a tort au terme d'un enquête aux vides insondables (4) et par l'obstination d'un unique magistrat. La semaine dernière ce magistrat a témoigné et n'a marqué aucun regret. Aucune reconnaissance du fait qu'il aurait pu commettre la moindre erreur. Effrayant.
Quant à Joelle Aubron, Nathalie Menignon et les autres membres d'action directe peu importe depuis combien de temps ils sont en taule, on ne les laissera pas sortir, contrairement au vieux Papon.

La décision d'extradition ou de non-extradition de Cesare Battisti tombera le 30 juin de la Cour d'Appel de Paris (permettons nous ici un petit extrait de la dernière lettre du comité de soutien à Battisti) :
"Si Cesare Battisti est extradé, il ira donc directement en prison en Italie pour une peine de perpétuité, (et en dépit de sa vaste présomption d'innocence). Or ceci est absolument contraire au droit français et à 15 années de jurisprudence européenne, qui OBLIGENT à un nouveau procès: surtout quand il s'agit, comme dans ce cas, de la peine la plus haute, et d'un procès qui, à l'époque, fut une mascarade de procès, sans indice ni preuve ni enquête, avec une accusation seulement basée sur la "parole" d'un accusé "repenti" qui gagna sa liberté en échange de sa dénonciation. Cette INCOMPATIBILITÉ de droit rend donc JURIDIQUEMENT IMPOSSIBLE l'extradition de Cesare Battisti. (Et c'est pourquoi Dominique Perben a menti en faisant croire aux Français que Battisti aurait droit à un nouveau procès en Italie : c'est FAUX.)"(5)

Crois pas que Battisti ne risque rien...


Changeons de registre.
Je suis en train de lire Un jeune homme chic d'Alain Pacadis, et je dois avouer une certaine nostalgie à l'évocation des Stinky Toys, de Metal Urbain, de Johnny Thunder et des New York Dolls, des Damned et so and so (6). Je dois avouer la nostalgie d'une période que je n'ai pas connu, ou alors par épiphénomènes et vastes recoupements, parce que trop jeune, mais dont j'ai vécu les lointaines développement : L'after-punk, la new wave, la cold wave, l'alternatif, puis la noisy.
J'avoue la nostalgie de cette vaste époque aux effectives décharges d'énergie.
Punk, Funk....Blaupunkt ?

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(1) Saisissant raccourci d'une parmi les plus belles de la chanson française.
(2) Sans charre, j'aurai voulu faire ça, je me voyais un peu en éditorialiste accusateur. Qui n'est pas megalo me jette la première pierre.
(3) Je me rend soudain compte que "Bon. N'empèche que." Est une transition fréquente chez moi. Beaucoup trop féquente. Un quasi tic de langage parlé.
(4) Mais qui touche si fortement les angoisses collectives qu'il est apparemment impossible d'obtenir une reaction autre qu'émotionnelle -et donc eruptive- lorsqu'on cause de pédophilie...C'est parfois a hurler de rire ...ou a se taper la tete contre les murs. Je parle bien évidemment de l'affaire d'Outreau.
(5) Je ne saurais trop te recommander la lecture de La Vérité sur Cesare Battisti, (éditions Viviane Hamy, collections "bis", textes et documents rassemblés par Fred Vargas). C'est édifiant. Les années de plombs sont peu connues en France. On oubli fréquemment que de 1969 à 1982, en Italie, le fascisme rampant à provoqué une micro guerre civile, trop heureux que la faute en soit rejetée sur les brigades rouges. On oublie fréquemment que Berlusconi était membre de la loge P2. On oublie fréquemment trop de choses. Je ne saurais trop te recommander, en la circonstance, de venir au concert de soutien le samedi 26 juin, à partir de 19 h, au Théâtre de l'Oeuvre (55 rue de Clichy, 75009,Paris). On se croisera peut-être là bas.
(6) Un instant je me suis demandé si Pacadis citerait Oberkampf, mais probablement pas. Oberkampf ne fait pas partie de l'explosion primaire du punk. Oberkampf est apparu aprés, bien aprés la période '77/79. En fait, Oberkampf c'est quasiment de l'afterpunk.

Ecrit par Taupe, à 11:40 dans la rubrique Genèse.
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Mercredi (09/06/04)
Est-ce donc du bonheur cette liberté insupportable ?

J'aime bien battre la mesure sur les portes de la rame, ça me rappelle l'époque du groupe (1), la douce époque où on répètait une à deux fois par semaine dans des studios jamais assez bien pour nous (2).
J'aime aussi me vautrer sur les straps, prendre mes aises, m'y laisser tomber aprés m'être longuement et grâcieusement déroulé le long de la barre métallique. Mais là il n'y a pas la place, alors je ramène mes pattes sous le siège, calmement.Y a même pas la place pour lire le journal. Alors j'allume le minidics (3), quand je sors de l'hosto il me faut un peu de distraction.

En face de moi, un moine.

Il ya trois ans, j'habitais à côté d'un couvent, pas trés loin du canal. De deux couvents en fait puisqu'il y avait également celui des Récollets (4). De temps en temps je croisais une bonne soeur, et malgré mon anticléricalisme de base (5), je souriais et m'abstenais de faire la fourche avec la main comme m'a appris mon père.
Il y a un an, je suis allé au mariage d'un ami d'enfance, en région Bordelaise. C'était l'été, on crevait de chaud, et à la sortie du train une des amies de mon pote est venue me chercher. C'était une bombe et elle était sympa comme tout mais c'est anecdotique (6). Trois heures plus tard sa voiture était pleine, on avait ramassé en route une copine de la femme de mon pote et un de ses vieux copains. Personne ne se connaissait, ou alors vaguement, ce qui a permis une discussion harmonieuse et plutot sympathique. Le vieux copain de la femme de mon pote portait des sandales en cuir d'un modèle un peu curieux, presque moyennâgeuses, un jean et une chemise hawaïenne. Il était trés ouvert d'esprit et plutot souriant. Quand je lui ai demandé ce qu'il faisait dans la vie, il m'a répondu qu'il était franciscain. Moine franciscain. J'ai hoqueté.

En regardant le moine assis sur le strapontin d'en face, dans ma rame qui bringuebale, je me remémore tout ça.
Rien à voir.
Le moine assis en face de moi porte une robe grise avec capuchon. Un chapelet énorme, en bois vernis, pend a sa ceinture. Il est jeune, porte des lunettes, a les cheveux blonds et légèrement en brosse et l'air super sévère. Il lit un bouquin que j'imagine être la Bible.
Ses mains, surtout, me fascinent. Il a de belles mains, faut dire. Trés maigres, les doigts trés longs, et s'enroulant autour, comme sculptées, les veines.

Je comate une bonne vingtaine de minute en écoutant le dernier P.J. (7).
Arrive ma station.
Je me lève, je sors.
Les moines et les bonnes soeurs (8), les couvent et les monastères me fascinent. L'idée de ne plus avoir de possession propre, évidemment, et comme tout un chacun, m'est un fantasme (9), même si je ne crois pas à cette liberté (10). Celle de sacrifier sa vie à sa foi m'est déja plus étrangère.
En voyant ce moine, j'ai eu le sentiment d'un anachronisme et un instant je me suis demandé si y avait pas réellement un truc, là haut. Sa foi me faisait douter. 
Et puis je me suis souvenu :

"Et si vraiment Dieu existait
Comme le disait Bakounine
Ce camarade Vitamine
Il faudrait s'en débarrasser
"(11)

 

________________________________________________________________________________
(1) Du deuxième groupe. J'ai monté deux groupes. Jamais deux cent trois. 203. Ca m'épuise d'avance.
(2) Larsen. Salle trop petites qui raisonnent trop. Salles hors de pris. A reserver deux mois a l'avance. Où la batterie est pourrie. Où le piano est désacordé. De toute façon on n'était jamais content.  
(3) L'erreur est volontaire. En hommage a un artiste de la chanson française bien connu dont le nom commence par Re et finit par Naud, les afficionados comprendront.
(4) Quoi que le couvent des Récollets, même s'il est superbe, ne soit plus occupé depuis des tas d'années. En tout cas pas par des ecclesiastiques puisqu'il a servit de squatt d'artiste pendant quelques années.
(5) Sauf en ce qui concerne les prêtres ouvriers, évidemment.
(6) Anecdotique mais agréable.
(7)Uh Uh Her. Sur lequel je n'ai pour l'instant pas d'avis. Bon c'est forcément bien mais je le ne l'ai pas encore asse écouté pour savoir si c'est génial ou non. Quoi qu'il en soit je ne resiste pas au plaisir d'annoncer que je vais voir la diva en concert le 23 juin. Depuis 92 je n'aurais pas raté un seul de ses passages à Paris et n'en suis pas peu fier/
(8) Mais surtout les moines, quelle que soit leur religion d'ailleurs.
(9) Plus de possession, plus de chaines, toucher le fond, être libre. C'est pas Palahniuk ou Tyler Durden qui ont inventé ça.
(10) Nope. IL y a des choses auxquelles, à moins d'abandonner ce qui fait de vous un humain, on n'échappe pas.
(11) Léo Ferré : Le chien.

 

Ecrit par Taupe, à 16:39 dans la rubrique Genèse.
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Il n'y a plus rien.
--> Si tant est que certains ignorent encore ce texte sublime.

Il n'y a plus rien (Leo Ferré).

Ecoute, écoute...
Dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le coeur à l'heure,
avec le sable qui se remonte un peu, comme les vieilles putes qui remontent leur peau,
qui tirent la couverture.

Immobile...
L'immobilité, ça dérange le siècle.
C'est un peu le sourire de la vitesse,
et ça sourit pas lerche, la vitesse,
en ces temps.
Les amants de la mer s'en vont en Bretagne ou à Tahiti...
C'est vraiment con, les amants.

Il n'y a plus rien

Camarade maudit, camarade misère...
Misère, c'était le nom de ma chienne qui n'avait que trois pattes.
L'autre, le destin la lui avait mise de côté pour les olympiades de la bouffe et des culs semestriels qu'elle accrochait dans les buissons pour y aller de sa progéniture.
Elle est partie, Misère,
dans des cahots, quelque part dans la nuit des chiens.
Camarade tranquille, camarade prospère,
Quand tu rentreras chez toi
Pourquoi chez toi ?
Quand tu rentreras dans ta boîte, rue d'Alésia ou du Faubourg
Si tu trouves quelqu'un qui dort dans ton lit,
Si tu y trouves quelqu'un qui dort
Alors va-t-en, dans le matin clairet
Seul
Te marie pas
Si c'est ta femme qui est là, réveille-la de sa mort imagée

Fous-lui une baffe, comme à une qui aurait une syncope ou une crise de nerfs...
Tu pourras lui dire :"T'as pas honte de t'assumer comme ça dans ta liquide sénescence.
Dis, t'as pas honte ? Alors qu'il y a quatre-vingt-dix mille espèces de fleurs ?
Espèce de conne !
Et barre-toi !
Divorce-la
Te marie pas !
Tu peux tout faire :
T'empaqueter dans le désordre, pour l'honneur, pour la conservation du titre...

Le désordre, c'est l'ordre moins le pouvoir !

Il n'y a plus rien

Je suis un nègre blanc qui mange du cirage
Parce qu'il se fait chier à être blanc, ce nègre,
Il en a marre qu'on lui dise : " Sale blanc !"

A Marseille, la sardine qui bouche le Port
Etait bourrée d'héroïne
Et les hommes-grenouilles n'en sont pas revenus...
Libérez les sardines
Et y'aura plus de mareyeurs !

Si tu savais ce que je sais
On te montrerait du doigt dans la rue
Alors il vaut mieux que tu ne saches rien
Comme ça, au moins, tu es peinard, anonyme, Citoyen !

Tu as droit, Citoyen, au minimum décent
A la publicité des enzymes et du charme
Au trafic des dollars et aux traficants d'armes
Qui traînent les journaux dans la boue et le sang
Tu as droit à ce bruit de la mer qui descend
Et si tu veux la prendre elle te fera du charme
Avec le vent au cul et des sextants d'alarme
Et la mer reviendra sans toi si tu es méchant

Les mots... toujours les mots, bien sûr !
Citoyens ! Aux armes !
Aux pépées, Citoyens ! A l'Amour, Citoyens !
Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos ainés !
Les préfectures sont des monuments en airain... un coup d'aile d'oiseau ne les entame même pas... C'est vous dire !

Nous ne sommes même plus des juifs allemands
Nous ne sommes plus rien

Il n'y a plus rien

Des futals bien coupés sur lesquels lorgnent les gosses, certes !
Des poitrines occupées
Des ventres vacants
Arrange-toi avec ça !

Le sourire de ceux qui font chauffer leur gamelle sur les plages reconverties et démoustiquées
C'est-à-dire en enfer, là où Dieu met ses lunettes noires pour ne pas risquer d'être reconnu par ses admirateurs
Dieu est une idole, aussi !
Sous les pavés il n'y a plus
la plage
Il y a l'enfer et la Sécurité
Notre vraie vie n'est pas ailleurs, elle est ici
Nous sommes au monde, on nous l'a assez dit
N'en déplaise à la littérature

Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche
A l'encyclopédie, les mots !
Et nous partons avec nos cris !
Et voilà !

Il n'y a plus rien... plus, plus rien

Je suis un chien ?
Perhaps !
Je suis un rat
Rien

Avec le coeur battant jusqu'à la dernière battue
 

Nous arrivons avec nos accessoires pour faire le ménage dans la tête des gens :
"Apprends donc à te coucher tout nu !
"Fous en l'air tes pantoufles !
"Renverse tes chaises !
"Mange debout !
" Assois-toi sur des tonnes d'inconvenances et montre-toi à la fenêtre en gueulant des gueulantes de principe

Si jamais tu t'aperçois que ta révolte s'encroûte et devient une habituelle révolte, alors,
Sors
Marche
Crève
Baise
Aime enfin les arbres, les bêtes et détourne-toi du conforme et de l'inconforme
Lâche ces notions, si ce sont des notions
Rien ne vaut la peine de rien

Il n'y a plus rien... plus, plus rien

Invente des formules de nuit:
CLN...
C'est la nuit !
Même au soleil, surtout au soleil, c'est la nuit
Tu peux crever... Les gens ne retiendront même pas une de leur inspiration.
Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels puant le certificat d'études et le cathéchisme ombilical.
C'est vraiment dégueulasse
Ils te tairont, les gens.
Les gens taisent l'autre, toujours.
Regarde, à table, quand ils mangent...
Ils s'engouffrent dans l'innomé
Ils se dépassent eux-mêmes et s'en vont vers l'ordure et le rot ponctuel !

La ponctuation de l'absurde, c'est bien ce renversement des réacteurs abdominaux, comme à l'atterrissage : on rote
et on arrête le massacre.
Sur les pistes de l'inconscient, il y a des balises baveuses toujours un peu se souvenant du frichti, de l'organe, du repu.

Mes plus beaux souvenirs sont d'une autre planète
Où les bouchers vendaient de l'homme à la criée

Moi, je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches
Si on ne mangeait pas les vaches, les moutons et les restes
Nous ne connaîtrions ni les vaches, ni les moutons, ni les restes...
Au bout du compte, on nous élève pour nous becqueter
Alors, becquetons !
Côte à l'os pour deux personnes, tu connais ?

Heureusement il y a le lit : un parking !
Tu viens, mon amour ?
Et puis, c'est comme à la roulette : on mise, on mise...
Si la roulette n'avait qu'un trou, on nous ferait miser quand même
D'ailleurs, c'est ce qu'on fait !
Je comprends les joueurs : ils ont trente-cinq chances de ne pas se faire mettre...
Et ils mettent, ils mettent...
Le drame, dans le couple, c'est qu'on est deux
Et qu'il n'y a qu'un trou dans la roulette...

Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir

Te marie pas
Ne vote pas
Sinon t'es coincé

Elle était belle comme la révolte
Nous l'avions dans les yeux,
dans les bras dans nos futals
Elle s'appelait l'imagination
Elle dormait comme une morte, elle était comme morte
Elle sommeillait
On l'enterra de mémoire

Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du Martini, mon petit !

Transbahutez vos idées comme de la drogue... Tu risques rien à la frontière
Rien dans les mains
Rien dans les poches

Tout dans la tronche !

- Vous n'avez rien à déclarer ?
- Non.
- Comment vous nommez-vous ?
- Karl Marx.
- Allez, passez !

Nous partîmes... Nous étions une poignée...
Nous nous retrouverons bientôt démunis, seuls, avec nos projets d'imagination dans le passé
Ecoutez-les... Ecoutez-les...
Ca rape comme le vin nouveau
Nous partîmes... Nous étions une poignée
Bientôt ça débordera sur les trottoirs
La parlotte ça n'est pas un détonateur suffisant
Le silence armé, c'est bien, mais il faut bien fermer sa gueule...
Toutes des concierges !
Ecoutez-les...

Il n'y a plus rien

Si les morts se levaient ?
Hein ?

Nous étions combien ?
Ca ira !

La tristesse, toujours la tristesse...

Ils chantaient, ils chantaient...
Dans les rues...

Te marie pas Ceux de San Francisco, de Paris, de Milan
Et ceux de Mexico
Bras dessus bras dessous
Bien accrochés au rêve

Ne vote pas

0 DC8 des Pélicans
Cigognes qui partent à l'heure
Labrador Lèvres des bisons
J'invente en bas des rennes bleus
En habit rouge du couchant
Je vais à l'Ouest de ma mémoire
Vers la Clarté vers la Clarté

Je m'éclaire la Nuit dans le noir de mes nerfs
Dans l'or de mes cheveux j'ai mis cent mille watts
Des circuits sont en panne dans le fond de ma viande
J'imagine le téléphone dans une lande
Celle où nous nous voyons moi et moi
Dans cette brume obscène au crépuscule teint
Je ne suis qu'un voyant embarrassé de signes
Mes circuits déconnectent
Je ne suis qu'un binaire

Mon fils, il faut lever le camp comme lève la pâte
Il est tôt Lève-toi Prends du vin pour la route
Dégaine-toi du rêve anxieux des biens assis
Roule Roule mon fils vers l'étoile idéale
Tu te rencontreras Tu te reconnaîtras
Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans
La mue ça ses fait à l'envers dans ce monde inventif
Tu reprendras ta voix de fille et chanteras Demain
Retourne tes yeux au-dedans de toi
Quand tu auras passé le mur du mur
Quand tu auras autrepassé ta vision
Alors tu verras rien

Il n'y a plus rien

Que les pères et les mères
Que ceux qui t'ont fait
Que ceux qui ont fait tous les autres
Que les "monsieur"
Que les "madame"
Que les "assis" dans les velours glacés, soumis, mollasses
Que ces horribles magasins bipèdes et roulants
Qui portent tout en devanture
Tous ceux-là à qui tu pourras dire :

Monsieur !
Madame !

Laissez donc ces gens-là tranquilles
Ces courbettes imaginées que vous leur inventez
Ces désespoirs soumis
Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe pour aller gagner VOS sous,
Avec les poumons resserrés
Les mains grandies par l'outrage et les bonnes moeurs
Les yeux défaits par les veilles soucieuses...
Et vous comptez vos sous ?
Pardon.... LEURS sous !

Ce qui vous déshonore
C'est la propreté administrative, écologique dont vous tirez orgueil
Dans vos salles de bains climatisées
Dans vos bidets déserts
En vos miroirs menteurs...

Vous faites mentir les miroirs
Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes
Cravatés
Envisonnés
Empapaoutés de morgue et d'ennui dans l'eau verte qui descend
des montagnes et que vous vous êtes arrangés pour soumettre
A un point donné
A heure fixe
Pour vos narcissiques partouzes.
Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître
Tellement vous êtes beaux
Et vous comptez vos sous
En long
En large
En marge
De ces salaires que vous lâchez avec précision
Avec parcimonie
J'allais dire "en douce" comme ces aquilons avant-coureurs et qui
racontent les exploits du bol alimentaire, avec cet apparat vengeur
et nivellateur qui empêche toute identification...
Je veux dire que pour exploiter votre prochain, vous êtes les
champions de l'anonymat.

Les révolutions ? Parlons-en !
Je veux parler des révolutions qu'on peut encore montrer
Parce qu'elles vous servent,
Parce qu'elles vous ont toujours servis,
Ces révolutions de "l'histoire",
Parce que les "histoires" ça vous amuse, avant de vous interesser,
Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit qu'il s'en prépare une autre.
Lorsque quelque chose d'inédit vous choque et vous gêne,
Vous vous arrangez la veille, toujours la veille, pour retenir une place
Dans un palace d'exilés, entouré du prestige des déracinés.
Les racines profondes de ce pays, c'est Vous, paraît-il,
Et quand on vous transbahute d'un "désordre de la rue", comme vous dites,
à un "ordre nouveau" comme ils disent, vous vous faites greffer au retour et on vous salue.

 

Depuis deux cent ans, vous prenez des billets pour les révolutions.
Vous seriez même tentés d'y apporter votre petit panier,
Pour n'en pas perdre une miette, n'est-ce-pas ?
Et les "vauriens" qui vous amusent, ces "vauriens" qui vous dérangent aussi,
on les enveloppe dans un fait divers pendant que vous enveloppez les "vôtres" dans un drapeau.

Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras !
La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis.
Vous avez le style du pouvoir
Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes
Comme si vous parliez à vos subordonnés,
De peur de quitter votre stature, vos boursouflures, de peur qu'on vous montre du doigt,
dans les corridors de l'ennui, et qu'on se dise : "Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper"
Soyez tranquilles ! Pour la reptation, vous êtes imbattables ; seulement, vous ne vous la concédez
que dans la métaphore... Vous voulez bien vous allonger mais avec de l'allure,
Cette "allure" que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière,
Et quand on sait ce qu'a pu vous coûter de silences aigres,
De renvois mal aiguillés
De demi-sourires séchés comme des larmes,
Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer
votre visage,
Je me demande comment et pourquoi la Nature met
Tant d'entêtement,
Tant d'adresse
Et tant d'indifférence biologique
A faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères,
Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaires
Jusqu'aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire,
Dans votre grand monde,
A la coupe des bien-pensants.

Moi, je suis un bâtard.
Nous sommes tous des bâtards.
Ce qui nous sépare, aujourd'hui, c'est que votre bâtardise à vous est sanctionnée par le
code civil
Sur lequel, avec votre permission, je me plais à cracher, avant de prendre congé.
Soyez tranquilles, Vous ne risquez Rien

Il n'y a plus rien

Et ce rien, on vous le laisse !
Foutez-vous en jusque-là, si vous pouvez,
Nous, on peut pas.
Un jour, dans dix mille ans,
Quand vous ne serez plus là,
Nous aurons TOUT
Rien de vous
Tout de nous
Nous aurons eu le temps d'inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse,
Les Larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles,
Le sourire des bêtes enfin détraquées,
La priorité à Gauche, permettez !

Nous ne mourrons plus de rien
Nous vivrons de tout

Et les microbes de la connerie que nous n'aurez pas manqué de nous léguer, montant
De vos fumures
De vos livres engrangés dans vos silothèques
De vos documents publics
De vos réglements d'administration pénitenciaire
De vos décrets
De vos prières, même,
Tous ces microbes...
Soyez tranquilles,
Nous aurons déjà des machines pour les révoquer

Nous aurons tout
DANS DIX MILLE ANS !

Ecrit par Taupe, à 13:02 dans la rubrique Genèse.
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Mercredi (26/05/04)
Les présentateurs d'émission de variété iront tous en enfer

Quand je pense à ce mec j'ai toujours l'image de cette scène (1) où les truands sont tous autour de la balance, chacun serrant dans son poing une corde a piano dont l'autre extrémité est entourée autour de son cou.
Et lui qui geint, qui chiale, qui supplie, son bide un peu gras et poilu nu débordant un peu sur son slip, allongé sur la table de la cuisine si atrocement familière de ce pavillon louée pour l'occasion. T'as l'impression d'être chez de lointains cousins.
Il les implore chacun du regard, évoquant les bons moments passés, les souvenirs communs. Certains détournent le regard gênés, la plupart répondent par une injure bien sentie.
Et puis ils serrent.

Ouais, c'est cette scène que je vois quand je pense à Michel Youth.
Et dans le rôle des truands, tous les présentateurs faux-culs qui l'ont reçu un jour, en ricanant d'un air embarassé quand il passait la ligne, d'un air gêné mais secrêtement réjouis parce qu'entre nous la ligne, hein, on sait bien à quoi elle sert à la tévé. 
Dans la scène d'aprés eux aussi crèvent, mais je ne sais pas comment.
Ils sont punis pour leur mollesse consensuelle, leur abjection quotidienne, leur faculté prévisible à taper dans le dos de n'importe quelle célébrité : "ah ah t'es mon pote je t'adore ah ah ce mec je pourrais vous en raconter sur lui mais c'est pas le propos surtout ne ratez pas son dernier film, sa dernière pièce, son dernier show, c'est LE mec qui fait l'actualité en ce moment".

Evidemment ce ne sont que des fantasmes masturbatoires un peu cons. Le genre de rêve d'ultraviolence que je fais pour me sentir un peu supérieur. Mais bon. N'empèche.

J'aime pas Michel Youth c'est un fait. Il est arrivé qu'il me fasse rigoler tu vois, que je trouve une certaine inventivité dans son espèce de délire perpétuel de singe cocaïnomane totalement hors de contrôle. Mais finalement non. je ne suis pas convaincu. Ce doit être mon vieux réflexe puritain.

Ca arrive avant hier. Je suis dans la rue, comme un con, je cherche une pièce pour mettre dans l'horodateur, je fouille mes poches, j'étais certain d'avoir de quoi, en ce moment je fais gaffe, tu vois, avec le second tiers provisionnel qui est tombé je suis un peu la tête dans le sac alors la moindre pièce compte. J'en suis arrivé à enlever ma veste, je la retourne, je la secoue, putain j'ai fait quoi de cette pièce c'est vraiment pas le moment merde. Normalement gruger je m'en foutrais un peu mais là, je sais pas pourquoi, je suis persuadé que si je le fais je me prends une prune et un sabot. Et ce serait pire.
J'en suis à soulever la moquette de sous les sièges avant pour voir si il n'y aurait pas de la monnaie qui se serait malencontreusement glissée dessous, voire un billet on sait jamais, quand on me botte le cul.
Comme ça. Pan !
Remarque, je me dis incongrument sur le moment, le premier instant de surprise et de douleur passé, je devais faire une jolie cible, le derche dressé qui dépassait sur le trottoir telle une invitation scabreuse.
N'empèche ce ne sont pas des manières.
Je fais ni une ni deux, je me retourne prêt a en coller une bonne à mon agresseur.
Et me retrouve face à la tronche de mIchel Youth. L'insupportable tronche de Youth, avec son demi sourire un brin suffisant et ses yeux qui pétillent de malice.  Ca me désarme un brin, frapper une célébrité, quand même, bon, il faut être plus subtil.
"Pourquoi t'as fait ça ?"
"C'est pour mon prochain film, un sketch qu'il nous manquait"
Les bras m'en tombent.
"Et tu comptes pas t'excuser, ni rien ?"
Il me regarde, carre ses mains dans ses poches, laisse éclater complètement son sourire sur sa face de star.
"Ben non".
On sent que le moment crucial est passé, il risque plus rien, son auréole le protège.
Je ferme les yeux, la table de la cuisine, la balance, les truands. J'ai tord je me dis, il ya , comme ça , des associations qui ne se font pas.
Youth n'a pas trop bougé, il se demande ce que je vais faire, il prévoit sa prochaine connerie, il ne pense a rien, va savoir.
"Tas pas une pièce pour mon parcmètre ?"
Il hésite, il sourit. Wahh donner une pièce à ce pauvre mec, wahh quelle chute super genre ça donnera une sorte de second degré un peu ambivalent...il fouille dans sa poche en baissant la tête d'un air concentré.
Alors bon, pour le principe je lui en colle une.
De toute façon j'ai pas de quoi lui faire un procés.

__________________________________________________________
(1) In J'irai au paradis car l'enfer est ici, film dont on ne saurait dire uniquement qu'il est beau et quand est ce qu'il va sortir en dvd bon sang !

Ecrit par Taupe, à 17:47 dans la rubrique Genèse.
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Mardi (25/05/04)
Les canards de mes couilles
--> -Afin de remédier a ma baisse ( momentanée ) de popularité j'ai décidé de réviser ma politique de titre. Revenons aux valeurs sures.

Je voudrais pas avoir l'air péremptoire mais Marianne (1), quand même, quel joli prénom et quel magazine naze. Et pourtant paraît que c'est un canard plus ou moins (2) de gauche, c'est dire si je suis pas sectaire (3).

A la base, j'avoue, j'étais plutôt allêché par certains titres tapant sans vergogne sur le gouvernement Raffarin et les divers élus UMP (4). Mais ce qui me gêne, passés les titres, c'est le ton des articles. Au final j'ai l'impression de lire une sorte de version tabloïd d'un journal politique. Une sorte de fox-news magazine.

"Bon, je me dis, donnons une chance supplémentaire à ce canard, peut-être que je me trompe aprés tout" (5), et je continue à tournicoter les pages. Et j'hallucine de plus en plus.
Point d'orgue : la chronique littéraire de Besson.
Tu t'attaques à ce truc en te disant que, bon, une chronique littéraire, avec critique à l'appui, ça n'est pas n'importe quoi même si  parfois ça sent un poil l'aigreur (6).
Et paf !
Tu te rends compte que c'est que des mots tout ça.
Je le dis tout haut et tout net, dans sa critique du dernier roman de Fred Vargas (7), Besson est puant de suffisance, de connerie autoréférentielle et académique, voire contradictoire. Que décortiquer trois ou quatres phrases ou expressions, sorties de leur contextes, avec une espèce d'humour faux derche pour prouver qu'un écrivain écrit mal parce qu'on est agacé d'entendre dire qu'il est talentueux c'est mesquin. Surtout quand on est soit même un chantre de l'ampoulisme verbeux.
Patrick Besson, jusque là j'avais rien de spécial contre toi, je dois dire, mais d'un coup tu viens de rejoindre la vaste cohorte des pousse- megots et des nez d'boeufs (8).

Tiens il y en a un autre qui joue en première division, c'est John Gray. Le nom ne dira sans doute rien à ceux qui n'ont pas lu le portrait du libération d'hier, mais ce gars là est l'auteur du best seller reac Les hommes viennent de mars et les femmes viennent de venus. En gros c'est donc un chantre de la différence des sexes. Façon sexiste nouvelle vague. Genre, un homme ça encaisse, ça mate des matchs de foot et  une femme c'est sensible et ça communique (et ça fait la vaisselle accessoirement). Genre (préparez vous les filles ) "les hommes sont beaucoup plus sexuels que les femmes". Hin hin hin.
Bon j'ai pas envie d'en dégoiser des brioches sur ce minable, je vous renvoie au portrait du libé d'hier, donc, qui en dit assez long comme ça. Ah si, une tite dernière : "Sans l'amour nous ne sommes rien".
J'ai quasi pissé dans mon froc en lisant ça.
Allez j'me casse j'ai plus de bile.

PS.
Solveig, le jaune c'est aussi la couleur des casseurs de grêve depuis des temps immémoriaux. Et de l'orangina. Et du pastis. Caramba.

__________________________________________________________________________
(1) Oui je sais mais la longueur des trajets en train, mon amoureuse qui a accés à plein de magazines gratos par son taf et ceci et cela et c'est pas ma faute meussieur le juge, je nettoyais mon canard et la page est partie toute seule .
(2) Arh arh arh ! Enfin c'est ce que j'ai entendu dire hein. Ceci dit on s'en fout. On s'en foutrait moins s'il était censé être à droite parce que bon. Le figaro madame quand même; quel torche cul. Sauf les pages lingerie mais y en a de moins en moins et de toute façon se branler c'est mal. Ou alors sur le catalogue des trois suisses.
(3) C'est de l'humour, je précise pour les relous du premier degré. Evidemment que je suis sectaire. Je suis pire qu'un mao mal repenti, ou qu'un moraliste aux cheveux gras de la fédération anarchiste, ou qu'un connard de L.O., c'est dire.
(4) Je veux dire, même si on le fait de façon déloyale, genre morsure de couilles en combats singulier, ou d'oreille en match de boxe, taper sur les élus UMP me gêne rarement.
(5) Preuve flagrante que je suis sectaire s'il en est : si le canard était de droite je n'aurais jamais donné de seconde chance.
(6) Si tu en as l'occase, jettes un oeil à Expérience l'autobiographie introspective de Martin Amis, où il a cette fameuse réflexion sur la critique littéraire qu'elle sent forcément un poil la jalousie, a fortiori si le critique en question n'est pas allé jusqu'au roman, puisque il juge en prose une oeuvre en prose. Je synthétise.
Par ailleurs bloggers, lisez Amis, l'égocentrisme et le narcissisme ce n'est pas nécessairement un grand mal, mais il est toujours utile d'en démonter les mécanisme, ce que Martin Amis s'acharne à faire dans Expérience ("Papa si t'avais la possibilité de jouir des avantages de la célébrité sans être célèbre, tu voudrais toujours être célèbre ? " "non" "Pourquoi ?" "Parce que la célébrité détraque les méninges").
(7) Et je ne dis pas ça parce que j'apprécie Fred Vargas, j'aimerais qu'on me croie quand j'écris ça : il y a façon et façon, disons.
(8) "...qui foutent ma révolte au tombeau".

Ecrit par Taupe, à 13:12 dans la rubrique Genèse.
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Vendredi (21/05/04)
Je demande pas souvent....
Mais pour une fois(1) j'aimerais que mes quelques lecteurs-trices (2) répondent au questionnaire sur le douleur, deux baffouilles plus bas. Je sais, les questionnaires c'est chiant (3) et personne n'aime répondre aux injonctions d'un blog, mais la douleur c'est un sujet fascinant (4) et j'aimerai savoir comment elle est perçue par les autres.
________________________________________________________
(1) hin hin hin

(2) Les stats sont en baisse il va falloir que je me remette à parsemer mes baffouilles de mots grossiers, y a guère que ça qui fonctionne.

(3) Et ça pullule.

(4) Je t'assure que ça l'est. Et la subjectivité. Il y avait surement moyen de faire un post plus complet sur le sujet mais commençons déja par ça veux-tu
Ecrit par Taupe, à 02:25 dans la rubrique Genèse.
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